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[Fic] Illusions (Partie 1), New Mutants+mythes amérindiens [de Coccinelle, à Archange des Pigeons]

Titre : Illusions (Partie 1)
Auteur : Coccinelle (Participant 1)
Pour : Archange des pigeons (Participant 19)
Fandoms : New Mutants + mythologie amérindienne
Personnages/Couples : Nanabozho, Dani/Rahne, Doug/Warlock, Roberto et Illyana
Rating : PG
Disclaimer : New Mutants appartient à Chris Claremont et à Bob McLeod, mais la mythologie amérindienne relève du domaine public.
Prompt : Un trickster de la mythologie amérindienne, malicieux sans être maléfique, s'intéresse au sort de Dani et décide d'emprisonner les New Mutants dans des illusions pour les mindfucker un peu et leur apprendre au passage quelques vérités sur eux-mêmes (du moins il pense que ce sont des vérités). Accessoirement, il shippe Dani/Rahne. Bonus si Doug et Warlock sont dans la même illusion et ont des passages choupi ; bonus aussi si Illyana se révèle plus que l'esprit ne peut gérer, est furieuse, et que les autres persos doivent la retenir à la fin pour qu'elle n'exerce pas une vengeance qui dépasserait l'offense.
Notes : Merci à la personne qui m’a bêta-lue. Elle se reconnaîtra. ^^
Note de la modératrice : La fic est trop longue, j'ai dû la poster en deux parties.

Illusions

À l’Institut Xavier, c’était le deuxième mois des grandes vacances. Tous les New Mutants avaient réparti leur temps d’une manière différente, ce qui n’était pas étonnant compte tenu des disparités familiales des élèves – sans parler de l’éloignement géographique de leurs proches.

Magma s’était embarquée pour une expédition au Brésil, afin de retrouver sa cité natale, Nova Roma. Déçu par le revirement de son père, Roberto ne l’avait pas accompagnée. Quant à Karma, elle avait rejoint son frère et sa sœur, et passait tous ses congés en leur compagnie. Sam était également parti pour un long moment, en compagnie de Lila, et ne se trouvait même plus sur cette planète. Il reviendrait sans doute à la rentrée.

Ce n’était pas le cas de Doug, qui était de retour après avoir rendu visite à ses parents en juillet. Dani et pour Rahne avaient adopté la même solution, respectivement revenues du Colorado et d’Écosse. Bien évidemment, Warlock n’était pas parti du tout. Illyana non plus. Le choc de ses parents s’avèrerait bien trop fort s’ils retrouvaient une adolescente au lieu de l’enfant de six ans qu’ils connaissaient.

Ils passaient donc le reste de leurs vacances ensemble, en variant les activités. Pendant la journée, ils passaient leur temps à la piscine ou sur le terrain de tennis. En revanche, en soirée, c’était souvent plus délicat de trouver quelque chose qui plairait à tous. Par exemple, ce soir-là, Roberto avait envie de regarder un bon western. Offusquée, Rahne s’y opposa vivement.

« Vous ne vous souvenez pas ? répétait-elle. On en avait déjà parlé la dernière fois… On montre les Indiens comme des sauvages, là-dedans ! Dani risque d’être affreusement blessée, vous vous rendez pas compte !

-C’est gentil de ta part, l’interrompit l’Amérindienne, mais c’est pas si grave. Après tout, faut remettre ça dans le contexte. C’était une époque…

-Raciste ! la coupa la métamorphe. Une époque raciste !

-Si tu veux, acquiesça la Cheyenne en soupirant. Mais qu’est-ce qu’on fait à la place, dans ce cas ? »

Les propositions fusèrent. Roberto voulait absolument qu’ils voient un film, quel qu’il soit, alors que Dani préférait une activité de groupe. Warlock venait de découvrir les jeux vidéos, seulement, personne n’avait envie de jouer avec lui car il y excellait. Rahne avait envie d’une partie de tarots, mais les autres connaissaient mal ce jeu. Illyana n’avait pas de meilleur plan que d’aller voir les Hellions pour les menacer un peu. Finalement, ce fut l’idée de Doug qui l’emporta.

« Et si on se racontait des histoires de nos pays d’origine ? proposa-t-il.

-Tu seras bien embêté, contra Roberto. L’Amérique, elle a pas de contes, si ?

-Bah, je trouverai bien quelque chose, fit-il en haussant les épaules.

-Comment fera self ? demanda Warlock. Self n’a pas eu le temps d’apprendre la forme de communication sociale que self-friends désignent sous le nom de « conte »…

-Tu pourras peut-être te contenter de nous écouter, offrit le génie en informatique. Ça complètera ton apprentissage sur les Terriens.

-Ouais ! s’exclama Dani. Tu entendras des contes amérindiens, brésiliens, écossais, russes…

-C’est vrai que j’ai toujours eu envie d’entendre un récit russe, rêva Rahne.

-Et que je ne connais pas assez bien les légendes étrangères, constata Illyana.

-Tout le monde est d’accord ? résuma le blond. On peut y aller ? »

Après avoir convaincu un Sunspot qui ronchonnait légèrement dans son coin, ils commencèrent le premier tour. Pour donner une atmosphère de mystère à la séance, Mirage alluma trois bougies parfumées dans le salon, qu’elle disposa en cercle. Elle mit également un bâton d’encens, à la demande du Brésilien qui en appréciait l’odeur entêtante. Ils s’installèrent sur les coussins de la confortable pièce, tantôt assis, tantôt allongés. Wolfsbane en serrait même un dans les bras. Le rond qu’ils formaient n’était pas tout à fait parfait, mais peu importait.

Ce fut l’Écossaise qui commença. D’une voix au départ hésitante, mais qui prit peu à peu de l’assurance, elle se lança dans un récit typiquement écossais, qui racontait l’histoire de deux princesses, nommées toutes les deux « Cathy ».

« Bonjour l’originalité des prénoms, remarqua Doug.

-C’est parce que l’une d’entre elles était la fille du roi, et l’autre, la fille de la sorcière qu’il avait épousée.

-Et évidemment, la sorcière est méchante, soupira Illyana.

-Oui, dut admettre Rahne. Et elle était jalouse, parce que tout le monde surnommait la fille du roi « Cathy Jolie », parce qu’elle était, heu… jolie. Elle avait de longs cheveux blonds comme les blés, des yeux bleus comme l’azur et des taches de rousseur couleur de son. Et elle savait danser, broder et chanter à la perfection.

-Et faire les papiers peints, aussi ? s’enquit malicieusement Roberto.

-Le conte ne le précise pas, reprit-elle d’un air très digne. En tout cas, la méchante sorcière lui lança un sort pour l’enlaidir et elle se retrouva avec une tête de mouton. »

Elle s’interrompit pour préciser :

« C’est d’ailleurs bizarre, parce que moi, j’aime bien les moutons, ils sont mignons…

-Oui, bon, bref, soupirèrent les autres, un peu agacés. La suite ? »

La suite racontait comme sa belle-sœur, tout aussi parfaite, parvenait à la délivrer de sa malédiction. Elle aussi, elle savait chanter, danser et jouer de la mandoline (« je ne sais pas ce que c’est, confessa la conteuse, mais je trouve que ça sonne bien, pas vous ? »). Mais elle était moins jolie, forcément.

Après avoir été interrompu toutes les deux minutes, le conte s’acheva sur le double mariage des princesses parfaites.

« Personne n’a rien de moins acidulé à raconter? demanda Roberto à la ronde. Non, parce que je vais attraper des caries, là… »

Ce fut Illyana qui prit le relais. C’était encore une histoire avec une vilaine belle-mère – mais qui n’était pas sorcière, cette fois. Un soir, Vassilissa (c’était le nom de la jeune victime) fut envoyée chercher du feu chez la méchante Baba Yaga.

« Subtile, la technique pour se débarrasser d’elle, vraiment, nota Roberto.

-Chut ! »

La fillette arrivait chez Baba Yaga, qui lui promettait de ne pas la manger si elle accomplissait toutes les tâches ménagères.

« Mais c’est de l’exploitation ! »

Il y en avait tant que c’était normalement impossible, mais la gamine s’en sortir en obtenant l’aide des serviteurs de la sorcière, du chat aux arbres, qu’elle avait précédemment aidés. Finalement, la vieille aux cheveux blancs se prenait d’affection pour Vassilissa et lui donnait du feu, et elle rentrait chez elle.

« Hum, je crois que j’ai encore plus intéressant, quand même, intervint Doug.

-C’est ça, dis tout de suite que mon histoire manquait d’action ! protesta Illyana.

-T’as raconté l’histoire d’une gamine qui fait le ménage, qui balaye la cour et qui fait la cuisine, intervint Roberto. Excuse-moi mais j’ai lu plus palpitant. Vas-y, Doug ! »

Ce dernier se lança alors dans une histoire délurée de Jojo Lapin, où ce dernier réussissait à flouer tout le monde – comme à l’ordinaire. Il y était question d’enfermement dans un sac et de rivière. Jojo racontait des bobards à son ennemi, qui se faisait avoir, évidemment – ce qui engendra une avalanche de commentaires de la part du public. Et le « méchant » de l’histoire finissait noyé.

Alors que l’Américain achevait son récit, l’une des bougies s’éteignit brusquement.

Après un temps de réflexion, Roberto se rendit compte que cela lui rappelait plusieurs légendes brésiliennes. Il commença alors un conte de Compère Lapin (l’homologue d’Amérique Latine de Jojo Lapin, rappela Doug). Le personnage brillait également dans cette aventure – elle aussi entrecoupée de commentaires de la part des autres. Il y parvenait à convaincre Compère Tigre de la supériorité de la parole sur les actes, dans une démonstration cuisante où son adversaire finissait humilié.

« …Et alors là, Compère Lapin réveille tout le monde et crie : ‘Regardez ce qu’a fait le tigre devant les marches du palais !’ Je vous raconte pas la réaction du roi… » acheva Roberto, un sourire aux lèvres.

Tout le monde éclata de rire. Sacré personnage !

Une fois de plus, l’une des lumières s’éteignit à la fin du conte. Personne n’y prêta attention, sauf Illyana, qui sentait d’étranges ondes s’agiter dans les airs. Il s’agissait peut-être de magie. Elle resta sur ses gardes.

Pour ne pas être en reste dans les récits de lapins, Dani retrouva dans ses souvenirs un vieux mythe à propos de Nanabozho. Il relatait comment l’esprit farceur avait créé le monde.

« Chez les Algonquins, c’est l’architecte de l’Univers, commença-t-elle.

-Je croyais que tu étais Cheyenne, l’interrompit Rahne, toute perdue.

-On fait partie de la même famille linguistique, expliqua-t-elle. C’est compliqué.

-C’est ce que je vois, ironisa Sunspot. Tu peux continuer ? »

Assise en tailleur sur le sol, elle s’exécuta. Les autres faisaient cercle autour d’elles et l’écoutaient attentivement. C’était le premier récit qui s’apparentait plus à un récit fondateur qu’à une histoire racontée pour se distraire.

« Au commencement, la terre était entièrement couverte d’eau. Nanabozho flottait sur un tas de branches, avec les animaux dont il était le chef. Au bout d’un moment, il souhaita obtenir un grain de sable, pour façonner une terre où marcher. Du coup, il fit plonger la loutre et le castor. En vain.

-Ben, pourquoi il a pas fait plonger un poisson ? l’interrompit Doug en haussant les épaules.

-Chut ! le houspillèrent les autres.

-Finalement, ce fut au tour du rat musqué. Le lendemain, il revint à la surface, mais noyé.

-Super… remarqua Roberto en grimaçant.

-Pauvre petit rat musqué, le plaignit Wolfsbane.

-Lorsqu’on le repêcha, on trouva tout de même un grain de sable, incrusté entre deux de ses griffes. Nanabozho prit donc le grain de sable et le laissa tomber sur l’amas de bois, qui se couvrit de terre. C’est ainsi que naquit le monde que nous connaissons.

-Évidemment… soulignèrent plusieurs auditeurs en même temps. Un peu facile, hein.

-Moi, je trouve ça assez joli », protesta Rahne.

Une fois le troisième récit à propos du même personnage achevé, la dernière bougie s’éteignit. La salle était maintenant totalement plongée dans l’obscurité. Un silence duveteux s’installa sur la pièce. Soudain, sans prévenir, un nuage envahit le salon. Il s’enroulait en volutes dans la salle et s’épaississait devant eux, comme mû d’une volonté propre.

L’un après l’autre, les six adolescents basculèrent peu à peu dans le sommeil.

*

Rahne s’était endormie en serrant un coussin bleu dans les bras. Elle se réveilla enroulée dans une couverture de la même couleur, en tenant la main de quelqu’un. Autour d’elle, des chants mélodieux retentissaient. Elle resta allongée un long moment à les écouter, captivée par les complexes mélodies. Le nom de Nanabozho revenait sans cesse dans la mélopée envoûtante. L’idée d’union éternelle, également.

Petit à petit, elle réalisa que ce n’était pas en anglais que les voix s’exprimaient, mais en un étrange langage qu’elle comprenait pourtant. À cette constatation, un profond sentiment d’étrangeté la saisit, comme lorsqu’on se rend compte qu’on est en train de rêver, mais qu’on n’arrive pas encore à prendre le contrôle de cet univers onirique.

Étonnée, elle se releva à moitié et aperçut une autre silhouette à ses côtés, elle aussi enveloppée dans une étoffe bleue. C’était Dani, les yeux mi-clos. C’était sa main qu’elle tenait. Avant qu’elle eût le temps de se dégager ou même de lui parler, des mains la forcèrent gentiment à se recoucher. Leur murmure formait un entrelacs persuasif auquel elle ne parvenait pas à désobéir.

« Reste étendue, ô winkte, l’implorèrent des voix féminines. La cérémonie est loin d’être achevée. »

La jeune fille serait bien en peine d’expliquer pourquoi, mais il existait dans ces paroles une inflexion caressante contre laquelle il lui était impossible de lutter. Elle se rallongea et ferma les yeux.

*

Doug se réveilla dans la même position, lui aussi enroulé dans une tenture bleue, une main inconnue dans la sienne. Inquiet, il se redressa brutalement.

« Garde ta place, ô promis de l’heemaneh », le prièrent des voix masculines. Il n’avait jamais entendu ce mot auparavant, mais grâce à son pouvoir, il en comprenait le sens. Le concept évoquait un être muni de deux esprits, et qui avait un rôle primordial au cœur de la tribu. Ce n’était ni un homme, ni une femme, plutôt un mélange des deux – ou aucun des deux. Qu’est-ce que cela voulait dire ?

Une fois encore, l’utilité de son pouvoir lui était prouvée. Elle n’était pas forcément flagrante en position de combat (voire même, soyons honnêtes, proprement inexistante, sauf quitte à crier « Pitié » dans toutes les langues connues). En revanche, dans une situation inédite comme celle-ci, elle existait bel et bien. Doug comprenait cette langue amérindienne, traduisait mentalement les mots inconnus et se demandait pourquoi il y entendait des chants rituels d’épousailles.

Il bougea de nouveau mais lors d’un nouvel avertissement, il se recoucha, étrangement docile. Il avait juste eu le temps de voir Warlock, étendu près de lui, également drapé dans une couverture de la même couleur que la sienne. Et si la main qu’il tenait lui était étrangère, c’était parce que c’était la sienne, et qu’il avait les traits d’un jeune Cheyenne. Pourtant, sans savoir pourquoi, Doug avait la conviction qu’il s’agissait bien de lui. Il sut aussi immédiatement que l’heemaneh, c’était Warlock.

L’explication se tenait. Biologiquement parlant, Warlock n’était ni de sexe masculin, ni de sexe féminin. S’il prenait souvent l’apparence d’un jeune homme, c’était plus par commodité qu’autre chose – et peut-être aussi parce que dans le cas inverse, il y aurait vraiment eu beaucoup trop de filles dans la team, disait parfois Roberto pour rire. Mais cela ne faisait aucun doute que l’alien aurait sa place dans une société où existait un rôle symbolique situé en dehors des genres. Une place qu’il prendrait avec beaucoup d’aisance. D’où l’apparence de jeune Indien.

Il était arrivé à Doug de rêver de quelqu’un sous l’apparence de quelqu’un d’autre. Dans le cas de Warlock, changeur de forme, c’était un peu plus délicat, mais comme il ne l’avait jamais vu prendre cette apparence, il assuma qu’il devait s’agir d’un songe un peu bizarre, probablement provoqué par les réminiscences de westerns vus avec Roberto et de contes racontés par Dani.

Rassuré sur ce point, il se concentra sur ce qu’il entendait. Les paroles des ballades chantées évoquaient un dieu lapin, et aussi un mariage inhabituel... C’était un récit de quête de la vérité, d’union spirituelle et d’espoir.

« Ce qui te manque, cherche-le dans ce que tu as, scandaient les chanteurs autour de lui. Ce que tu as de plus précieux est à tes côtés, tout proche… »

Toutefois, plus il les écoutait attentivement, plus les chants induisaient en lui un état hypnotique de transe. Comme Rahne avant lui, il finit par se laisser aller et clôt les paupières. Il sombra dans une inconscience brumeuse, l’esprit parcouru de rêves confus.

Dans cet étrange songe qui prenait place au sein d’un songe, il lui sembla voir un lapin blanc, vêtu comme un Amérindien, qui arborait un air triomphant bien que bienveillant.

*

Lorsque Roberto ouvrit les yeux, il était torse nu et avait le corps parcouru de peintures de guerre. Il ne comprenait pas ce qu’il faisait là. N’étaient-ils pas dans le salon, tous ensemble, à se raconter des histoires ? Et voilà qu’il se retrouvait au milieu d’une plaine balayée par le vent ! Il avait probablement dû s’endormir, c’était la seule explication logique. De temps en temps, il lui arrivait de se rendre compte qu’il rêvait, en plein milieu d’un songe. C’était sûrement le cas aujourd’hui – d’autant plus qu’il avait pensé aux westerns toute la journée, avant d’en être finalement frustré.

Des hommes l’entouraient. Ils ne parlaient ni anglais, ni portugais, bien que le jeune homme les comprît parfaitement. D’après leurs habits, c’étaient manifestement des Indiens d’Amérique. Quand avait-il appris leur langue ? Nouveau mystère, mais dans les rêves, tout peut arriver.

« Aujourd’hui est un grand jour, disaient-ils. C’est ton initiation. Tu vas chasser ta peur, Ese’he. »

Roberto secoua la tête en signe d’incompréhension. Sa peur ? Quelle peur ? La colère commençait peu à peu à monter en lui. Il ne savait pas ce qui se passait, et les individus autour de lui se comportaient comme s’ils étaient en train de lui inculquer de profondes vérités sur lui-même. Il en avait assez de cette pseudo-initiation !

« Où suis-je ? rugit-il.

-Dans la contrée des Illusions », lui répondit-on.

Il était bien avancé. Mais son impatience teintée d’incompréhension ne disparut pas pour autant.

« Qu’est-ce que c’est que cette histoire de chasse ? demanda-t-il, énervé. Et puis, pourquoi aller chasser ma peur ? Je n’ai peur de rien, moi, ajouta-t-il d’un ton rageur.

-Tu as peur de faire défaut aux autres, affirma un jeune guerrier en posant la main sur son épaule. De ne pas être là lorsqu’ils ont besoin de toi. De les laisser mourir. »

Le premier mouvement du Brésilien fut de se dégager. Il devait pourtant reconnaître que ces mots détenaient un accent de vérité. Il s’en voulait tant, pour Juliana… Il pensa encore à sa colère, pas tout à fait morte, mais ce fut l’envie de se libérer de ses craintes qui triompha.

Sourcils froncés, il les suivit. Un lapin était brodé sur le sac de voyage qu’on lui lança.

*

Illyana fut la seule à se débattre contre le sommeil qui l’envahissait. Elle sentait qu’un pouvoir sous-jacent le provoquait. Selon ses critères démoniques, c’était difficile de qualifier cette aura. Elle n’était pas maléfique, mais se teintait pourtant d’une malice certaine. Que leur voulait-elle ?

La sorcière lutta, de toutes ses forces. Si elle s’y était prise plus tôt, elle aurait sans doute vaincu. Mais elle avait été attaquée par surprise et il était maintenant trop tard. Comme ses cinq compagnons, elle fut emmenée au pays des songes.

Elle s’éveilla en grognant dans une tente. Il y était suspendu d’étranges objets, qu’elle reconnaissait parfois vaguement. Celui-ci, par exemple, n’était-il pas un attrapeur de rêves ? Celui-là, un calumet ? Et ici, c’était sans doute une patte de lapin. Néanmoins, en dehors de quelques plumes égarées, elle ne parvenait pas à identifier l’origine des autres colifichets.

En touchant distraitement ses cheveux, elle s’aperçut qu’ils avaient été séparés en deux tresses, et noués à la mode indienne. De même, elle ne portait ni son uniforme de la petite classe, ni sa tenue décontractée, mais une robe de squaw, ornée d’amulettes. Sa surprise ne cessait de croître. Dans quel monde se trouvait-elle, et pourquoi ? Qui avait opéré toutes ces modifications ?

Un vieil homme au visage vallonné de rides fit son entrée sous le tipi. Illyana s’étonna de constater qu’il semblait la considérer avec déférence. Pour quelle raison ?

« Salut à toi, grande chamane, murmura l’homme en s’inclinant légèrement devant elle. Grand est ton pouvoir, enfant-démon. »

Prise d’angoisse, elle vérifia brièvement si ses cornes de démon et sa queue n’avaient pas repoussé. Heureusement, il n’en était rien. Mais pourquoi le vieillard la qualifiait-elle de grande chamane ?

Autre élément paradoxal, elle comprenait son langage, alors qu’elle ne l’avait jamais entendu auparavant. C’était sans doute une langue amérindienne, et pourtant, elle ne faisait aucun secret pour elle. La Russe y ressentit l’influence d’une magie subtile derrière cette facilité de compréhension. Ce n’était pas tant un univers créé de toutes pièces, où tout le monde parlait anglais, qu’une contrée dédiée aux illusions dont on leur avait donné la clef.

« Suis-moi », l’enjoignit l’homme. Illyana le suivit, tout en restant vigilante. Lorsqu’elle souleva la couverture de peau qui faisait office de porte, elle découvrit tout un village, paisible dans le soleil levant. Elle jetait des regards aigus sur ce qui l’entourait. Elle remarqua par exemple qu’on ne voyait pas de chevaux, et que l’époque où elle se trouvait devait donc probablement être antérieure à l’arrivée des Européens sur le continent.

Le vieil homme sourit en observant son expression acérée, et jeta une poignée de poudre dans le feu qui brûlait paisiblement au centre du cercle formé par les tipis. Une image de lièvre, ou peut-être de lapin, se dessina alors dans la fumée. Puis il se mit à agiter harmonieusement les bras au-dessus de sa tête. Le dessin brumeux s’anima en réponse.

« J’en suis sûre, maintenant, tout ceci est une illusion, grommela-t-elle. Ça peut pas exister !

-De toute façon, une illusion peut-elle exister ? » demanda le nouvel arrivant. Un sourire se dessina sur le visage crevassé de rides, et accrut les pattes d’oie aux coins des yeux du vieil homme.

« Si c’est une illusion, c’est que cela n’existe pas », répliqua Illyana sur le ton de l’évidence.

Elle pensa brièvement aux attaques illusoires dont son équipe avait déjà été victime. Pour elle, oui, cela n’existait pas, mais pour les autres ? Soudain, elle s’inquiéta. Où étaient-ils donc tombés ?

« Tu sais, affirma le nouveau venu qui avait probablement suivi son raisonnement, il existe des lieux dédiés au rêve, qui sont réels sans l’être. Des espaces intermédiaires. Des limbes. »

Elle tressaillit en entendant le mot. Que savait-il de son pouvoir ?

*

« Sens battre ton cœur, ordonnait le chant. Entends le sang couler dans tes veines. »

Le corps tout entier de Dani paraissait obéir à ces injonctions. Les battements de son cœur se faisaient lents, réguliers. Quant à son sang, il lui semblait circuler d’une manière plus dynamique qu’auparavant. Lorsqu’elle ouvrit les paupières, elle se rendit compte qu’elle avait été enroulée dans une couverture blanche – aux côtés de quelqu’un d’autre. Elle roula sur le côté pour en discerner les traits, mais s’arrêta à mi-chemin quand elle reconnut les courts cheveux roux. Rahne !

Que pouvaient-elles bien faire ici ? Mirage ne se souvenait que de l’Institut Xavier, et du dernier conte qu’elle avait raconté. Apparemment, son amie et elle se trouvaient maintenant au cœur d’une cérémonie, mais de quoi pouvait-il bien s’agir ? Et comment étaient-elles arrivées ici ?

Une multitude d’hypothèses lui vinrent à l’esprit. Parmi elles, elle favorisait la thèse d’un enlèvement, facilité par l’usage de drogues (ce qui aurait expliqué la fumée et le fait qu’elle se sente si détachée du monde). Mais dans quoi Rahne et elles se trouvaient-elles embarquées ? Et où se trouvaient les autres ?

Elle réfléchit. Les mélodies, qui retentissaient toujours, étaient chantées en algonquin, une langue qu’elle maîtrisait sans difficulté depuis l’enfance. Et ils ressemblaient à des invocations qu’elle connaissait… La vérité la frappa avec force, tant et si bien qu’elle se redressa subitement. Un mariage ! Il s’agissait d’un mariage traditionnel cheyenne !

De douces mains la recouchèrent, tandis que ses réflexions se poursuivaient.

Elle n’avait jamais assisté à de telles cérémonies, qui étaient tombées en désuétude, mais elle en avait entendu parler. Normalement, les promis étaient allongés côté à côte dans des couvertures distinctes, souvent de couleur bleue, puis réunis sous le même tissu blanc. Elle dormait probablement lors de la première partie du rituel, sans doute parce qu’elle était sous l’influence de somnifères. Mais maintenant, elle se sentait bien réveillée.

Quel pouvait bien être le but de cette opération ? Cela n’avait aucun sens ! Pourquoi kidnapper Rahne et elle, puis les marier selon un rituel cheyenne ? Et comment une telle union était-elle possible ?

*

Warlock n’avait pas résisté pour entrer dans le monde onirique. En revanche, il ne fut pas facile de l’y maintenir. Son esprit extraterrestre était conçu d’une manière totalement déroutante pour l’illusionniste, et ne permettait aucune manipulation mentale directe. Non seulement il ne rêvait pas, mais il ne dormait même pas, normalement.

Pour créer un monde illusoire sans avoir recours au sommeil paradoxal, le tisseur de songes dut se plonger dans ses désirs les plus chers. Il chercha quelles étaient les aspirations les plus profondes de l’alien et, comme dans le cas de Dani et de Rahne, il trouva une profonde affection envers Doug qui était probablement de l’amour si on s’y penchait d’un peu trop près. Parfait. Il ferait donc les marieurs, une fois de plus.

Mais cela n’avait fonctionné qu’à moitié. Si le blond était resté sans aucun problème dans la vision, son compagnon avait rapidement senti que quelque chose n’allait pas.

Indécis, Warlock se débattait lentement dans les rets du rêve. Il ne comprenait pas ce qui se passait. Leur manipulateur avait tenté de calquer une sorte de cycle interminable de sommeil paradoxal à la partie de son cerveau dédiée aux souhaits et aux désirs. Et l’extraterrestre avait du mal à comprendre pourquoi, soudain, il s’était mis à dormir et à rêver, lui qui n’en avait pas besoin.

*

« Ecoute le silence, Ese’he », affirma l’un des guerriers à Roberto.

Il tendit l’oreille. Ce fut l’un des instants les plus apaisés de son existence. L’Indien avait raison d’employer cet oxymore. Le silence n’était jamais dénué de son. Même si, en étant peu attentif, on pouvait penser qu’aucun bruit ne retentissait dans les plaines, cette impression fallacieuse disparaissait lorsqu’on faisait attention. Le monde regorgeait de frémissements, de bruissements, des murmures du vent. Lui qui se sentait perpétuellement agité ou en colère, cette expérience contribua à le calmer.

« Continuons, suggéra le chef du groupe lorsque le visage de Sunspot était devenu entièrement apaisé. Tu as déjà fait un pas pour quitter la colère, mais ce n’est pas le seul point de notre voyage. Il faut aussi laisser le chagrin derrière toi.

-Et la culpabilité », ajouta un autre combattant.

Intrigué, celui qu’on nommait maintenant « Ese’he » (« le Soleil ») les suivit.

*

Le terme « limbes » avait réveillé le système d’alarme de la jeune sorcière.

« Quelles sont vos intentions ? s’enquit Illyana, sur ses gardes. Vous allez réveiller la part maléfique en moi ?

-Pas le moins du monde, la rassura son vieil interlocuteur. Je voudrais juste que tu l’acceptes. C’est une partie de toi, tu sais.

-Mais je l’accepte ! réagit-elle, interloquée.

-Non, la contra le vieillard. Tu la caches et tu en as honte. Tu penses qu’elle va te faire basculer du côté du mal. Alors que bien employées, même les ténèbres peuvent servir la lumière.

-Mais c’est ce que je fais ! répliqua-t-elle, piquée à vif. Tu penses m’enseigner une connaissance que je possède déjà, vieil homme ?

-Je crois que tu ne le sais pas assez », nuança-t-il.

Malgré ce qu’il lui avait précédemment affirmé, il esquissa un geste de la main et elle retrouva les cornes et la queue qui étaient ses apanages sous forme démonique.

« N’aie crainte, poursuivit-il. Je ne te veux pas de mal.

-J’en doute, rétorqua-t-elle, dubitative.

-Comme je te l’ai promis, je n’ai rien réveillé de malfaisant en toi, confirma-t-il avec une mauvaise foi qui la mit hors d’elle. J’ai juste cherché à rétablir l’équilibre. »

Chez Illyana, la colère grandit progressivement, jusqu’à la submerger. La soulsword lui apparut dans la main, comme surgie de nulle part. Le manipulateur tressaillit brusquement.

*

Lorsque les lancinantes mélopées prirent fin, la couverture blanche fut retirée. Ensuite, une vieille femme les relevèrent en les tenant chacune par une main.

« Grande winkte, tu as désormais une épouse », lui affirma-t-elle en regardant Rahne dans les yeux.

Même si elle comprenait le langage amérindien, le terme employé par la vieillarde pour la désigner lui restait inconnu. Peut-être que Dani, qui parlait couramment cette langue, saurait de quoi il était question ?

Le sentiment de bizarrerie onirique la reprit. Mirage était donc devenue sa femme ? Elle avait certes fait quelques rêves étranges qui mettaient en scène son amie et elle, mais ils ne s’étaient jamais montrés aussi définitifs. Le rouge lui monta toutefois aux joues à ce souvenir.

« Ne sois pas gênée, ô winkte, reprit la vieille, en se méprenant sur les causes de son rougissement. Il est normal pour un être à deux natures tel que toi que d’avoir une épouse. »

Elle éleva les bras, ce qui eut pour effet de leur faire lever l’une de leurs mains, celle que la doyenne tenait.

« He’évo’nehe et Neneske sont désormais mariées ! Célébrez l’union de la Louve et de Mirage ! »

Un concert de hululements répondit à cette proclamation. Tout le village semblait très enthousiaste à cette idée.

« Maintenant, dansons ! » déclara encore la vieille femme.

Comme souvent dans les rêves, Rahne avait à peine conscience de ce qu’elle faisait. Tout lui semblait aller de soi. Au son des tambours, elle se mit à tournoyer autour du feu pyramidal, sous les étoiles. Les extrémités du bandeau de tête qui avait été fixé à son front par des liens au niveau des tempes flottaient librement, et accompagnaient gracieusement ses mouvements. Dani évoluait à ses côtés. Leurs gestes se répondaient sans cesse, dans un cercle harmonieux.

Et lorsque leurs lèvres se joignirent, ce ne fut qu’une nouvelle manière de continuer la danse. Leurs corps se reconnurent et bougèrent eux aussi en fonction de la musique envoûtante, du rythme propice à la transe. Des mains fiévreuses se cherchèrent, se touchèrent.

« Nous sommes ensemble, à présent », souffla Dani à l’oreille de sa compagne, avant de l’embrasser de nouveau.

Cela ne pouvait être réel, se répétait-elle comme une antienne. Cela n’avait aucun sens, donc ce devait être un rêve.

*

Doug aussi rêva d’une couverture blanche, puis d’une danse. Il avait depuis longtemps laissé derrière lui toute résistance (à qui ? à quoi ? Les questions continuaient tout de même à s’agiter dans son esprit, sans trouver de réponse, mais il ne les cherchait pas). Il avait dansé aux côtés de ‘Lock au son du tambourin. L’homme qui avait organisé la cérémonie les avaient appelé « Éehaseo'o » et « Nésôhome », ce qui signifiait « Roche aiguë » et « Cypher ».

Ils s’étaient couchés dans le même tipi et des interrogations, là encore peu écoutées, s’étaient de nouveau réveillées en lui. Après tout, l’autre était un alien, et cela donnait un aspect autre à leur relation. Un aspect qu’il n’avait pas envie d’examiner, un peu comme s’il avait bu de l’alcool. L’onirisme de la situation effaçait tout : ses béguins réguliers pour des filles, la dimension extraterrestre de Warlock ou même le fait qu’il prenne le plus souvent un aspect masculin.

Il avait l’impression d’être ivre, et c’était exaltant, bien qu’un petit peu inquiétant, également. Hésitant lui aussi, Warlock lui avait demandé :

« Est-ce que self doit faire quelque chose en particulier ? »

Il sentit ses joues s’embraser à cette question, mais tenta de répondre selon ce qu’il ressentait – à savoir une immense vague de tendresse pour celui qui, d’après le songe, était devenu son époux. Une petite voix en lui, faible mais insistante, persistait à dire que quelque chose n’était pas normal, qu’il devait s’alarmer. Il n’écouta pas.

« Rien de particulier, expliqua-t-il le plus honnêtement possible. Cela ne dépend que de nous. »

Un certain temps de réflexion silencieuse suivit cette déclaration. À tâtons, Doug se rapprocha de l’alien et lui caressa la joue. Il savait que ce corps n’était qu’une apparence, mais ce simple contact l’emplit de frissons de plaisir. Puis il l’embrassa, très doucement.

Une fois encore, ces lèvres étaient imaginaires, mais tout n’était qu’un rêve, de toute manière. Il avait l’impression d’être plus libre, empli de cette assurance que l’on éprouve dans les songes, quand on sait qu’il suffit de le décider pour se mettre à voler dans les airs.

Lui, il avait décidé d’admettre ce qu’il ressentait pour Warlock, et c’était tout aussi important. Il envoya une fois de plus balader sa conscience, qui persistait à trouver la soirée anormale alors que le reste de son esprit se sentait bien. Détendu. Entier.

« J’aimerais que tu me serres dans tes bras », avoua-t-il ensuite. L’extraterrestre s’exécuta. Ils s’endormirent ainsi, enlacés.

Une fois de plus, Doug réalisa un rêve à l’intérieur d’un autre rêve.

Il marchait paisiblement dans le village. Soudain, un groupe formé de trois jeunes Indiens se moquaient de lui en le traitant d’homme-femme. Doug fronça les sourcils. Personne n’avait eu l’air de railler ou de s’opposer à leur union de la veille, et il ne comprenait pas le pourquoi de ces moqueries. Il décida donc d’y réagir.

« Pourquoi vous moquez-vous de moi ? les apostropha-t-il. Je suis l’époux de l’heemaneh, vous me devez le respect.

-Self-soulfriendDoug est lié à self », approuva Warlock derrière lui.

Rassurant, il posa la main sur son épaule. Par réflexe, Doug posa sa propre main sur la sienne. Les trois jeunes hommes s’arrêtèrent immédiatement de rire et s’inclinèrent vers lui, plein de révérence.

« Ô heemaneh, vous, vous méritez le respect, murmura le premier. Vous pouvez revêtir toutes les formes. Vous savez entrer en communication avec l’autre monde, et aussi soigner les guerriers blessés.

-Celui qui partage votre vie ne détient pas tous ces talents, reprit le deuxième. Et il a choisi d’épouser un autre homme.

-Mais self aussi ! tenta de dire Warlock, interrompu par le troisième adolescent.

-Vous, ce n’est pas pareil, heemaneh. Vous avez deux esprits. Vous n’êtes ni un homme, ni une femme. C’est pour cela qu’on se moque de lui, mais pas de vous. »

Ils s’en allèrent, toujours aussi respectueux.

« Paradoxal », pensa le mutant.

Warlock interrompit ses réflexions.

« Self trouve que quelque chose ne va pas, annonça-t-il.

-Comment ça ? C’est à cause d’eux ?

-Négatif, fit l’alien. Mais self dort.

-Et alors ? s’enquit Doug sans comprendre, comme enivré par le songe. Tu dors et tu rêves, c’est normal… »

L’une des sirènes d’alarme qui veillaient en lui retentit soudain.

« Attends, non, en effet, ce n’est pas normal ! s’exclama-t-il, après un certain temps de réaction.

-Anomalie, confirma l’extraterrestre. De plus, self sent une falsification des données environnementales, basée sur une manipulation mentale.

-Tu veux dire, comme une illusion ? s’étonna Doug.

-Affirmatif. Cela ne fonctionne pas très bien sur self. L’esprit de self… va… ailleurs. »

À chaque mot, l’image de Warlock devenait de moins en moins précise. De moins en moins réelle. Comme si le fait d’avoir douté de la réalité l’effaçait dans le néant. À la fin de sa phrase, il finit par disparaître dans le vide, semblable à un dessin que l’on vient de gommer.

Doug se réveilla en criant son nom, paniqué, mais cela ne le fit pas revenir. Il le chercha longtemps, puis s’effondra au sol, triste et désemparé. La théorie du rêve n’était plus tout à fait viable.

« La réalité, c’est ce qui existe toujours quand on cesse d’y croire », pensa-t-il.

Mais où se trouvaient-ils donc ?



Vers la partie 2
Tags: auteur:coccinelle, fic, marvel comics, mythologie amérindienne, pour:archange des pigeons
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