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[Fic] Plus tard, le bonheur, Antigone (Anouilh), Antigone et Ismène [de STC, à Archange des pigeons]

Titre : Plus tard, le bonheur.
Auteur : STC (Participant 31)
Pour : Archange des pigeons (Participant 19)
Fandom : Antigone (Anouilh)
Persos/Couple : Antigone et Ismène, Nounou, mention des autres personnages
Rating : G
Disclaimer : Ce texte et une fanfiction inspirée de la pièce d'Anouilh "Antigone", elle-même une fanfiction de la pièce éponyme par Sophocle. L'histoire et dans le domaine public, les différentes versions appartiennent à leurs auteurs respectifs.
Prompt : Antigone et Ismène, petites filles, qui discutent de ce qu'elles veulent faire quand elles seront grandes. De préférence, mélange de fluff et de foreshadowing sombre. Cela peut être écrit soit en mode théâtre, soit en texte "normal". Rester dans l'esprit d'Anouilh serait magnifique.
Notes : Je ne sais pas si j'ai réussis à forshadower, j'espère, j'ai en tout cas essayé de rendre la dynamique des sœurs telle que le texte nous la laisse entendre. J'ai privilégié, dans le dialogue, un langage un peu enfantin à un style plus 'Anouilh' pour mettre l'accent sur l'innocence et la jeunesse des enfants.
J'espère que ça reste proche de ce que tu voulais et que ça te plaira.


« Ismène ! Ismène, tu as vu ta sœur ? Mais ou est-elle passé encore ? Antigone !
Une jolie petite fille blonde, soignée et proprette dans sa robe d'été, regarda avec de grand yeux sa nourrice, qui courrait et s'affolait, cherchant sa sauvageonne de petite sœur. Elle, elle aurait aimé courir un peu aussi, trotter de toute la force de ses petites jambes dans le long couloir bien droit et finir sur une glissade. Mais ça n'aurait pas été bien, pour une princesse. Et puis elle aurait pu abîmer sa jolie robe, donner plus de travail à Nourrice. Ce n'aurait pas été très gentil. Elle avait déjà bien assez de travail avec cette folle d'Antigone.
Émergeant alors du jardin, tenu doucement par le bras et houspillée, une petite brunette, l'ourlet de sa robe déchirée, ses joues trop pâles et trop creuses maculées de boue, ses genoux râpés et rouges.
« Ah c'est du jolie ça, et qui va devoir te refaire une toilette maintenant ? C'est nourrice, la vielle nourrice. Combien de fois devrais-je te répéter que ce n'est pas convenable, pour une petite fille, une petite princesse. Allez, assieds-toi, je vais chercher l'eau et un linge. »
Assises alors, l'une en face de l'autre, mine renfrognée et moue boudeuse d'un coté, l'air sage et l’œil pétillant de l'autre, les deux sœurs se regardèrent alors.
« Tu fais toujours des bêtises hein ? Lui fit-elle remarquer, un peu d'admiration, et de rire, dans la voix.
L'autre haussa les épaules, et grimaça un peu quand sa nourrice, revenu, lui prit les cheveux et commença à les brosser.
« Un jour je te les couperais, tes beaux cheveux blonds, affirma elle, sûre d'elle. Un rire cristallin lui répondit.
« Pour ça, il faudrait que tu m'attrapes. Je cours plus vite que toi.
« Aï-euh, Nounou !
« C'est bon, ma colombe, j'ai fini, je vais te chercher une nouvelle robe. »
Regardant la matrone sortir de la pièce, la petite reprit, d'un ton plus vif et plus joyeux.
« Dis Ismène, tu veux faire quoi, quand tu sera plus grande ?
« Oh ! Et bien,... je voudrais me marier. Et être une reine ! Très belle et très grande. Et j'aurais plein de bébés. Et et et et j'aurais tout plein de belles robes ! Et des rubans pour les cheveux.
« Et, tu seras mariée avec qui ?
« Un garçon. Grand et fort et beau. Et pas un qui pleurniche tout le temps comme cousin Hémon. Et toi ?
« Moi je serais plafrenier. Je m'occuperais des chevaux et j'aurais le droit de marcher dans la boue !
« Mais c'est pas un truc de fille ça.
« Et alors, c'est nul les trucs de filles.
« C'est toi qu'est nulle. Tu dis toujours n'importe quoi. Tu comprends rien.
« J'aime pas comprendre. »
Le ton affirmatif et sans appel de cette dernière remarque mit fin à la conversation et le silence se fit, s'étira. Nourrice revient avec un vêtement propre et bien repassé, la passa à la petite qui se tient droite.
« Tu viens ? On va jouer ! »
L'autre la suivit sans attendre, mais sans courir, comme le lui avait dit Nounou, mais en trottinant un peu, quant même.
« Et toi dis, tu voudras avoir des enfants ?
« Non. Si, peut être un petit garçon. Et il aura le droit de faire toutes les bêtises ! Et il aura plein de bonbons. Et et et jamais personne se moquera de lui ! Parce que je le protégerai ! »
Les fillettes riaient, cavalant sur le marbre. Un bruit retentit alors, résonant sur la pierre, une porte avait claqué, un grand jeune homme s'éloigna d'une démarche vive et furieuse, ses bottes grondant sur le sol. Les petites retinrent leur souffle, impressionnées par se grand frère distant, terrible et admirable. Une voix ronde et chaleureuse les sortit de leur contemplation, enjouée, de manière un peu forcée peut-être.
« Alors fillettes, comment allez-vous ?
« Oncle Créon ! crièrent-elles, ravies, se jetant dans ses bras.
La discussion, elle, fut oubliée, jusqu'à ce que, plus tard, alors qu'elles jouaient avec les poupées que venait de leur offrir leur oncle.
« En tout cas, quand on sera grandes, on sera toujours ensemble, hein Antigone ?
« Oui , toujours ! Même quand on sera toute vieilles et toute moches comme Nounou.
« Alors, tu feras rien d'important sans moi ? Tu me laisseras pas comme tu fais tout le temps.
« Promis. »

Tags: antigone, auteur:stc, fic, pour:archange des pigeons
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