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[Fic] Les Siens les Leurs et les Nôtres, Among Us, Crewmate/Impostor [Ominious Kitten à LittleApple]

Titre : Les Siens, les Leurs, et les Nôtres
Auteur : Ominious Kitten (Participant.e 17)
Pour : LittleApple (Participant.e 9)
Fandom : Among Us
Persos/Couple : Crewmate/Imposteur et les autres
Rating : NC17
Disclaimer : Among Us est un jeu vidéo d'ambiance multijoueur en ligne développé et édité par le studio InnerSloth
Prompt :  Among Us - Idée centrale : couple Imposteur/Innocent, l'imposteur tombe amoureux et est partagé entre ses sentiments et sa mission. L'innocent peut ou non retourner les sentiments.
Genre : plutôt angst
Avertissements : TW major character death, bad ending (on m'a demandé de l'angst, je livre de l'angst ;D), pas de sexe explicite, meurtres (pas détaillé), vore mentionné
Notes : J'ai pris quelques libertés avec les tâches et les lieux de la map du jeu.
Pour précision : l'italique sert à désigner l'imposteur, le gras l'Ennemi de l'imposteur (pas les équipiers en soit, c'est plus le concept de l'Adversaire que des personnes, raison pour laquelle le gras n'est utilisé qu'une fois), et le gras italique est utilisé uniquement lorsque les deux notions sont tellement mélangées que l'imposteur ne fait plus la distinction - même si la fic n'est pas seulement de son point de vue, mais également omniscient.
Je me suis fortement inspirée de The Thing de Carpenter et Alien de Ridley Scott. Et une once de Lovecraft.

Au tout début, il était comme les autres : silencieux.
Pourtant une seule et même pensée l'obsédait, étouffant tout ce qui pouvait naître d'autre en lui :
Tuer.
Ils se méfiaient de lui. Mais ce n'était pas un problème, ils se méfiaient de chaque membre de l'équipage équitablement, noyant leurs doutes le concernant dans la masse de leurs suspicions absurdes – lui avait la chance de ne se méfier de personne, puisqu'il savait d'avance qu'ils étaient tous l'Ennemi et qu'il était celui venu pour les anéantir avant qu'ils n'atteignent le Nid.
Au début, il ne s'inquiétait pas d'être découvert. S'il était découvert et tué, un autre viendrait forcément le remplacer. Il n'était qu'une pièce de rechange dans un assemblage de rouages bien huilés. Les Siens ne pouvaient pas échouer. Ce n'était tout simplement pas dans leurs gènes.
Il n'enlevait jamais son masque. Aucun d'entre eux ne le faisait, par peur que cela ne les rende vulnérables. Ce qui était stupide, car les Siens avaient tué bon nombre des Leurs, avec ou sans casque.
Il pouvait retirer le sien. Son apparence humaine était un subterfuge suffisant pour berner n'importe quel scientifique, rien ne pouvait le dénoncer, hormi le fait d'être pris la main dans le sac.
Ce qu'il avait failli apprendre à ses dépends.
Il avait tué Rouge. Il l'appelait Rouge parce qu'il ne savait pas son vrai nom. Aucun d'entre eux ne voulait partager ce genre d'information avec un potentiel ennemi.
Il avait tué Rouge et Rose avait tout vu. Ce dernier s'était empressé de se rendre à la salle de réunion pour déclencher l'alarme.
Lui, il n'aimait pas l'alarme. Ça faisait un horrible son strident qui vrillait le crâne jusqu'à ce que tout le monde soit enfin rassemblé. Même s'il avait voulu fuir, l'alarme l'aurait poursuivi jusqu'à ce qu'il déclare forfait et se fasse éliminer à cause de son retard.
Pour la première fois, ils avaient parlé, et il s'était exprimé : il avait nié les accusations de Rose, et il avait insisté sur le fait que Rose suivait Rouge comme son ombre depuis quelques temps. Il avait rappelé que Rose finissait toujours ses tâches en retard, qu'il n'avait même jamais été vu en train d'éjecter les ordures ou d'effectuer un scan corporel.
Rose s'était mis à hurler, plutôt que de renverser la situation en soulignant que lui non plus n'avait jamais fait ni l'un ni l'autre. Il s'était condamné tout seul.
Les autres s'étaient ligués contre lui, et bientôt son corps sans vie flottait dans les immensités ténébreuses de l'espace.
Il avait gagné. Il s'était rendu compte que le silence pouvait être un ennemi, alors il se mit à parler.
Il parlait tout seul, la plupart du temps, parce que les autres se méfiaient encore de lui, ignorant s'il restait un imposteur parmi eux ou pas. Mais il savait qu'ils écoutaient, alors il racontait des histoires sur sa famille qui l'attendait sur Terre, sur ses projets d'avenir une fois qu'ils auraient rempli leur mission, sur ce qu'il avait mangé à midi dans le cockpit de navigation. Que des mensonges qu'il avait inventé pour rendre son personnage crédible.
Finalement, il avait obtenu ce qu'il cherchait : l'un des équipiers avait commencé à lui répondre.
Pour un humain, c'était difficile de rester totalement silencieux pendant un voyage aussi long. Peu à peu, Orange répondait par monosyllabes à ses sollicitations, puis ils s'étaient mis à échanger quelques mots.
A présent, ils avaient de véritables conversations.

« Tu parles trop, ça m'empêche de me concentrer ! », se plaignit Orange en se trompant encore de fil.
Il était penché dans le panneau électrique pendant qu'à sa droite, Vert et Noire se connectaient aux serveurs pour télécharger les mises à jour du programme des tâches quotidiennes. C'étaient des activités journalières qu'ils avaient à effectuer, à répéter encore et entore sans fin, et il n'avait jamais compris pourquoi ; pourtant il avait vite compris la nécessité de les imiter pour faire croire qu'il était normal.
- Tu te trompes toujours de fil, rétorqua Vert en refermant sèchement le clapet par lequel il s'était branché.
- Je vais vérifier les échantillons au laboratoire, annonça Noire en sortant – la porte du sas émit un chuintement en s'ouvrant, puis en se refermant, au nez de Vert.
- J'ai aussi un truc à faire là-bas, attends-moi !, s'exclama Vert sur un ton soudain pressant, en scannant maladroitement son badge pour rouvrir la porte.
Comme Orange ne bougeait pas, il se pencha à son oreille – enfin près de l'entrée audio de son casque, qui lui tenait lieu d'oreille :
- J'y vais.
Il ne donna pas plus de précision et sortit à son tour.
Il tomba sur Vert qui cherchait la direction dans laquelle était partie Noire – il lui expliqua qu'elle avait accéléré le pas en l'entendant arriver, comme si elle craignait qu'il ne la rejoigne, et il voulait absolument lui faire comprendre qu'il n'était pas un imposteur, car après tout c'était...
Les mots qu'ils prononçaient étaient vains. Il avait déjà décidé qu'il allait tuer Vert quand celui-ci les avait interrompu dans sa discussion avec Orange.
Car après tout, c'était son objectif. Tuer un maximum de gens afin de rendre la mission d'atteindre Polus impossible à tenir.
Il releva sa visière et planta son dard dans celle de Vert, éclatant le verre et transperçant son visage sans un bruit ou presque.
Puis il s'éloigna, abandonnant le cadavre à celui ou celle qui tomberait dessus au détour d'un couloir.
Ce n'est que plusieurs heures après, alors qu'il était avec Violette et Marron en train de se détendre à la machine à sodas protéinés de la cafétéria, que l'alarme retentit.
C'était Cyan qui avait trouvé le corps. Elle n'avait rien vu disait-elle. Personne n'avait rien vu.
Tout le monde déclina les tâches qu'il ou elle avait fait, et en compagnie de qui. Orange lui servit d'alibi – ils étaient restés seuls un moment et il n'avait pas été tué, ce qui voulait bien dire qu'il n'était ni l'un ni l'autre l'imposteur.
Un argument qui se tenait...s'il n'y avait qu'un seul imposteur. Mais Marron et Violette semblaient convaincus, Bleue, Jaune, et Cyan, quant à eux, restaient indécis. Blanc secoua la tête, refusant de parler, ce qui le rendait plus suspect.
- Vert a dit qu'il se rendait au labo, déclara Orange. C'est là que Noire prétendait aller, justement.
- J'ai fait un détour, répondit vivement Noire, sur la défensive.
- Pourquoi ?, demanda Violette.
- Ben je voulais pas qu'il me suive, ça aurait pu être un imposteur !, expliqua Noire avec véhémence.
- Moi je crois plutôt que tu l'as croisé sur le trajet et que tu l'as tué, rétorqua Orange avec une touche d'agressivité et de peur dans la voix.
Pour montrer son approbation, et parce qu'il était content d'Orange, il hocha la tête. Toutefois, c'était étrange, car quelque chose de nouveau s'infiltrait dans ses pensées...un glitch dans son programme, une perturbation dans le flux paisible de ses ondes cérébrales.
- Tu aurais très bien pu le tuer toi ! Parce qu'il t'accusait de ne pas bien faire tes tâches !, contre-attaqua Noire. Peut-être que tu es sorti de la salle électrique par la ventilation. Tu étais juste à côté !
- Parce que c'est là que se trouve le panneau électrique, idiote !, siffla Orange.
S'énerver ne donnait rien de bon et il le savait. Il ne pouvait pas prévenir Orange, au risque de se rendre suspect lui-même, mais il le fixa sans regarder Noire, pour essayer de lui faire passer le message.
Parfois il oubliait que les humains n'avaient pas la capacité de communiquer par télépathie. C'était pour cela qu'ils devaient discuter entre eux. C'était tant mieux, car s'ils avaient pu entendre ses envies de meurtre, il aurait été perdu dans la seconde...
- C'est vrai que...tu foires systématiquement le couplage des fils électriques, alors que c'est l'une des tâches les plus faciles, intervînt Marron.
- A croire qu'il le fait exprès, renchérit Jaune de sa voix fluette.
Orange se figea, se rendant enfin compte que les soupçons se tournaient désormais vers lui.
- Hey, je n'ai rien fait !
- C'est exactement ce que dirait un coupable, asséna Noire sentencieusement – et probablement soulagée de s'être sortie de ce mauvais pas.
Il aurait pu l'enfoncer pour sauver Orange. Mais pourquoi vouloir sauver Orange au fait ?
- On passe au vote ?, proposa Violette. Ça fait déjà un quart d'heure qu'on discute...
- Non non, attendez !, s'exclama Orange.
Chacun l'ignora et saisit sa tablette pour voter.
Plus les échanges duraient et plus le chaos s'installait. La discussion avait duré plus longtemps que d'habitude, et pourtant il ressentait une certaine confusion. Il se remémorait chaque réplique qu'il avait lancée, tentant d'analyser ses chances d'être éjecté.
Il se surprit à calculer celles d'Orange également. Elles étaient plus hautes que les siennes et c'était désagréable. Ça le rendait très mécontent de savoir qu'Orange risquait d'être expulsé et donc de ne plus être là pour l'écouter et lui parler.
Lorsqu'un des siens mourrait, ce n'était pas grave. Son âme revenait au Nid, dans le ventre de leur Mère, bien au chaud sous ses multiples tentacules.
Pour les humains, c'était différent. Si Orange mourrait, il n'aurait nulle part où aller, il errerait pour l'éternité sans jamais se réincarner.
Ils ne se parleraient plus jamais.
- Je vote Noire, annonça-t-il à voix haute avant même de se rendre compte de ce qu'il faisait – et son doigt appuya sur le bouton de vote.
Les autres le regardèrent avec étonnement – du moins crût-il y voir de l'étonnement en dépit de leurs casques – puis ils votèrent à leur tour.
Orange fut le dernier à voter et ses mains tremblaient tellement qu'il laissa échapper la tablette à deux reprises.
« 2 votes pour Blanc, 3 votes ex-aequo pour Noire et Orange. Aucune expulsion. », afficha l'ordinateur.
Noire partit en claquant la porte tandis qu'Orange poussait un soupir de soulagement.
Tout le monde s'éloigna, hormis lui, et pour la première fois il toucha un être humain sans le tuer.
Il toucha l'épaule de Orange.
- Est-ce que ça va ?
- Oui, merci, répondit Orange avec gratitude. Merci de m'avoir défendu et de ne pas avoir voté contre moi.
Il haussa les épaules. Il ne savait même pas ce qui lui avait pris de dire ça. C'était vraiment stupide de sa part et il allait falloir qu'il se tienne à carreau, du moins pendant quelques temps, afin que les autres oublient son comportement inhabituel.
Ils approchaient dangereusement de leur destination et il n'avait tué que trois membres d'équipage. A ce rythme, il risquait d'échouer à sa mission.
Il tourna le dos à Orange et sortit sans un mot.

Les Siens ne dormaient pas. Ils ne dormaient jamais.
Leurs yeux n'avaient pas de paupière – il en avait, mais elles étaient fausses, comme tout ce qu'il laissait entrevoir à ses coéquipiers.
Alors il passait ses « nuits » - si on pouvait appeler ça ainsi alors qu'ils flottaient dans l'espace sans soleil ni lune - à réfléchir. Est-ce qu'Orange dormait bien ? Est-ce qu'il était seul ? A quoi ressemblait sa chambre ? Dormait-il sur le dos ou sur le côté ? Et de quel côté ? Qu'aimait-il faire avant de dormir ? De quoi rêvait-il ?
Il lui poserait une de ces questions demain. Si personne ne l'assassinait dans son sommeil bien sûr.
Les humains étaient doués pour s'entretuer, les votes le prouvaient. Noire avait l'air passablement énervée lorsqu'elle avait quitté la salle de réunion.
Il n'était pas exclu qu'elle profite de ce que tout le monde était couché pour accomplir ce qu'elle avait tenté de faire durant le vote, à savoir éliminer Orange
Lui, à sa place, il n'aurait pas hésité. Mais il aurait piégé quelqu'un pour être accusé à sa place.
Peut-être que c'était ce que Noire avait prévu. Qu'il vienne dans la chambre d'Orange pour le protéger, pour mieux se faire accuser de l'avoir tué ensuite.
La pensée tourna dans sa tête jusqu'à ce qu'il se redresse dans son lit. S'il agissait maintenant il n'était peut-être pas trop tard.
C'était irrationnel, il ne devrait pas. Pourtant il se leva et courrut chercher son badge sans prendre la peine de remettre son casque.
Il courrut à perdre haleine – si tant est que ce soit possible pour un organisme aux capacités aussi hors norme que le sien - et lorsqu'il arriva à la porte de la chambre, il tambourina jusqu'à ce qu'Orange lui ouvre.
- Qu'est-ce qu'il y a ?, marmonna Orange en pyjama, l'air encore ensommeillé, une main se frottant l'oeil.
Il n'avait pas envie de lui expliquer toute sa stratégie, ni de lui faire avoir des doutes sur son identité. Alors il fit la première chose qui lui passa par la tête.
Il prit son visage entre ses mains et l'embrassa fougueusement, entrant dans sa chambre avec lui.

- J'ai entendu des bruits, intervînt Jaune au petit-déjeuner – depuis plusieurs jours, ils le prenaient tous ensemble au lieu de s'isoler, ce qui permettait de voir les visage de chacun.
- Quels bruits ?, interrogea Violette en finissant ses copeaux de noix de coco déshydratée.
- Je sais pas, hésita Jaune. Des...halètement, des grognements. Qui venaient de la grille de ventilation de ma chambre.
- Elle est trop petite pour que quelque chose s'y cache, marmonna Marron d'une voix blanche qui cachait mal son angoisse.
- Ta chambre n'est-elle pas à côté de celle de Orange ?, demanda Violette.
Elle se tût brusquement en entendant le sas d'entrée s'ouvrir, et la silhouette dégingandée de Noire apparut. Elle retira son casque et s'assit, avant de s'emparer d'un sachet de noix qu'elle déchira avec ses dents.
A nouveau, tout le monde se tut, mais il avait assisté à la scène et il savait que les soupçons pesaient sur Orange encore plus qu'avant. Mais comment faire pour dissiper le malentendu ?
Ce dernier arriva, en retard, comme souvent. Ils s'étaient séparés quelques minutes auparavant – Orange avait préféré rester au lit plus longtemps après la nuit qu'ils avaient passé mais lui avait préféré se rendre à la cafétéria à son heure habituelle pour éviter la suspicion de l'équipage.
- Sale tueur, siffla Noire entre ses dents en le regardant passer.
Orange l'ignora et vînt tout naturellement enlacer son amant – à l'immense surprise de celui-ci – avant de l'embrasser sur le front.
- J'espère qu'on n'a pas fait trop de bruit, lança-t-il jovialement à Jaune et Blanc dont les chambres étaient mitoyennes à celle de Orange.
Jaune resta bouche bée tandis que Blanc secouait la tête en grommelant sans lever les yeux de son bol de café soluble.

Ce n'était pas bien et il en était conscient. Le vaisseau s'approchait dangereusement de la planète du Nid et il restait encore plein de membres d'équipage à tuer. D'ailleurs, quand il imaginait devoir tuer Orange, il ressentait quelque chose qu'il avait commencé à identifier comme de la panique, ce qui n'était pas du tout normal. Mais c'était ce qu'il ressentait à l'idée d'attaquer sa propre Mère. C'était fondamentalement ignoble, pourtant ça n'avait pas de raison de l'être.
Orange n'était pas sa Mère. Orange n'était même pas un des Siens.
Pourtant, aussitôt, instinctivement, il pensait le contraire.
Il pensait qu'Orange était sien.
Ce n'était pas une bonne chose. Ce n'était jamais arrivé auparavant à aucun des leurs. Lorsqu'ils arrivaient sur un vaisseau, ils tuaient ou ils étaient tués, il n'y avait pas d'autre alternative possible.
Ce qui ne l'empêchait pas d'en chercher une. C'était la raison pour laquelle il se trouvait dans le poste de navigation à saboter le programme de pilotage. Il essayait de faire dévier le vaisseau de sa route.
Hélas, à peine avait-il commencé à trafiquer les fils qu'il entendit une sirène s'enclencher pour signaler son intervention aux autres. Il s'empressa de se faufiler dans la conduite de ventilation la plus proche pour ne pas être pris sur le fait.
Ce fût Orange qui arriva le premier. Il se précipita vers le gouvernail pour examiner le tableau de bord. Des voyants lumineux clignotaient de partout, indiquant sans nul doute possible que quelque chose n'allait pas.
- Qu'est-ce que tu fous ?, rugit Noire qui venait d'apparaître à la porte en compagnie de Marron et Blanc.
- Je-j'essaye de...
- C'est un imposteur !, hurla Noire. Vous ne voyez donc rien ? Il va tous nous tuer si nous ne réagissons pas !
- Je ne suis pas l'imposteur ! Je suis arrivé le premier, c'est tout !, s'écria Orange.
Blanc le repoussa calmement pour pouvoir taper les codes sur l'ordinateur de bord et ainsi remettre la route d'origine. Marron avait les bras croisés tandis que Noire vitupérait :
- Il faut nous débarasser de lui ! C'est un danger pour le reste d'entre nous !
Sur cet entrefait, Cyan venait d'arriver :
- Est-ce que quelqu'un peut couper cette sirène ? Et où sont les autres ?
- Bleue était aux vidéos de surveillance la dernière fois que je l'ai vu, déclara Marron.
Soudain, il sentit le danger. Bleue l'avait peut-être vu entrer dans la salle de navigation avant que les sirènes ne retentissent car il n'avait pas vérifié les caméras dans le couloir. Elle allait certainement le dénoncer s'il ne faisant rien !
Il pouvait ramper jusqu'à la salle des caméras, mais le temps qu'il y parvienne, Orange risquait de se faire lyncher.
Le choix était cornélien. Mais il devait le faire.
Noire bouscula violemment Orange, qui tomba dans un siège avec un hoquet de stupeur :
- Je ne me sentirais pas en sécurité tant que ce...monstre se baladera parmi nous !
- Je-j'ai rien fait !!, protesta Orange.
- Alors comment ça se fait que tu sois toujours au mauvais endroit au mauvais moment ?, l'interrompit Marron. Pourquoi tu finis jamais tes tâches à temps ?
- Peut-être que ton petit cinéma d'amoureux transi de ce matin, c'était pour nous faire croire que tu étais humain, ajouta Cyan.
La sirène s'intensifia et tous les regards se tournèrent vers Blanc :
- Tu glandes ou quoi ?, s'énerva Noire.
- J'ai finis de réparer, répondit Blanc sur un ton neutre. C'est pas la sirène de Navigation.
Une voix robotique annonça « Niveau d'oxygène à 30%, fuite détectée, je répète, fuite détectée ».

En panique complète, Bleue courrait dans les couloirs du vaisseau pour tenter d'atteindre la salle d'administration. Tous les autres s'étaient rendus en catastrophe à la salle d'oxygène, oubliant que pour sécuriser les cuves, il fallait une deuxième personne pour valider la demande dans la salle d'admin. Bleue avait vu l'imposteur se glisser hors de la ventilation pour saboter l'oxygène, et rester dans la salle de surveillance était dangereux car il y avait une grille dans le fond de la pièce.
Elle arriva enfin en face de la porte et sortit son badge, la main tremblante, tandis que la sirène résonnait de plus en plus fort.
Le sas s'ouvrit en chuintant et elle le vit lui, en train de taper le code. Il avait saboté l'oxygène pour faire diversion et attirer Bleue là où il la voulait, se doutant que ceux se trouvant dans la salle de navigation se rendraient directement à la salle la plus plus proche, la salle à oxygène.
Il se retourna vers elle et bien qu'elle se tenait à l'autre bout de la pièce, elle le vit sourire tandis qu'il relevait sa visière.

Les lumières s'éteignirent au moment même où la sirène se coupa. Violette, qui était la première à avoir compris que quelqu'un devait quitter la salle de l'oxygène pour taper le code de sécurité en salle d'administration, s'était précipitée dans le couloir en espérant que l'imposteur était bel et bien Orange.
Pourtant elle n'y croyait pas trop. Il ne pouvait pas avoir effectué un sabotage de l'oxygène sans y être. Ça ne pouvait être que Bleue ou...
Elle trébucha sur quelque chose de lourd au sol et fit un vol plané dans le couloir juste devant la salle d'admin.
Les dalles métalliques sous elles étaient poisseuses de sang, lui disaient les capteurs clignotant de ses gants de combinaison.
Elle n'eut pas le temps de se relever qu'un poids énorme lui écrasait la colonne vertébrale, brisant net les cervicales de son cou...

Armés de lampes de poche à manivelle, la petite bande de survivants avançaient quasiment à tâtons dans le vaisseau, maintenant Orange sous bonne garde. Marron marchait devant, Noire retenait Orange dont ils avaient ligoté les poignets, Jaune, qui les avait rejoint, se serrait contre Noire, et Blanc était en arrière avec Cyan, balayant sol et plafond avec le faisceau de leurs lampes.
- On a toujours pas revu Violette, c'était peut-être elle ?, balbutia Jaune.
- Ça peut pas être elle, je l'ai vu faire un scan médical une fois, rétorqua Noire.
- Tu peux très bien mentir, vu qu'elle n'est pas là pour confirmer, contra Orange. Mentir afin de te faire passer pour la gentille qui innocente les autres.
Noire le frappa dans les côtes en représailles :
- Ta gueule le monstre.
- Hey, on a toujours pas de preuve, déclara Marron. Contentons-nous de remettre la lumière, puis faisons une réunion. Il nous manque encore 3 personnes, qui peuvent être suspectes...
- Ya la salle de communication par là-bas, indiqua Blanc en pointant sa lampe vers une porte.
- On pourrait peut-être appeler à l'aide, dit Jaune en tremblant.
- Et combien de temps elle mettrait à arriver, ton aide ?, siffla Noire. Ça sert à rien.
- C'est exactement ce qu'un imposteur dirait pour nous décourager, insinua Orange.
- Tu vas la fermer oui !, s'écria Noire, sur les nerfs, en lui flanquant une bourrade qui l'envoya cogner contre un mur.
- Qu'est-ce que vous foutez putain ?!, s'énerva Cyan en braquant sa lampe sur eux. Arrêtez de...
Une brisure apparut sur sa visière, la faisant brutalement taire. Tous la contemplèrent avec stupéfaction, tandis que son bras retombait.
Son corps sans vie s'effondra, révélant la silhouette gigantesque de Blanc qui s'était déformée au point d'être méconnaissable et à peine humaine. Il ressemblait à un amas gélatineux de couleur encore vaguement laiteuse muni de multiples yeux et de gueules aux dents acérées.
- Tueeeeeer, gronda-t-il en rétractant son dard qui avait transpercé Cyan à l'arrière du crâne.
Tout le monde se mit à hurler de concert.

Lorsqu'il parvînt à la salle de communication – ses yeux inhumains n'avaient aucun mal à voir dans l'obscurité, il trouva les cadavres de Cyan et de Jaune sur le sol.
Sa fréquence cardiaque augmenta d'un seul coup d'oeil aux blessures lui indiqua qu'elles étaient l'oeuvre d'un des Siens, ce qui, au lieu de lui faire plaisir, le mit dans une rage folle, telle qu'il n'en avait jamais connue. Il n'était pas censé ressentir ça, il n'était pas censé ressentir de la colère, ou toute autre émotion humaine. Comme le désir. La faim. La peur qu'Orange soit blessé.
Il se mit à gronder.
Il y avait du sang sur le mur. Quelqu'un d'autre avait été blessé.

Un rugissement retentit.
- Il faut qu'on arrive à la baie médicale, hulula Marron en soutenant Noire. Là-bas on pourra soigner ta blessure.
Noire saignait abondamment au ventre. Elle haleta :
- C'est mort, laissez-moi là, je vais le ralentir.
- Mais tu peux pas te battre dans ton état !!, s'exclama Marron.
Noire repoussa Orange, et qui la soutenait également.
- Tirez-vous, ordonna-t-elle.
Elle dégaina un couteau que nul n'avait jamais vu – si ça avait été le cas, elle aurait été accusée d'être l'imposteur, les armes étaient interdites sur le vaisseau.
- Il reste peut-être d'autres survivants, bafouilla Orange.
Mais personne ne l'écoutait. Marron était déjà en train d'aider Noire à s'adosser contre le mur.
Orange n'hésita qu'un instant. Il n'était attaché ni à Marron, ni à Noire qui l'avait accusé d'être un imposteur – et qui n'en avait plus pour longtemps, à en juger par le sang noirâtre qui s'écoulait de sa blessure.
Il profita que leur attention était tournée ailleurs et il s'enfuit.
Il allait rallumer l'électricité et regarder sur les caméras.
Pour retrouver la seule personne qui comptait un peu à ses yeux.

Ses yeux allaient et venaient sur les écrans multiples, cherchant fébrilement les silhouettes de ceux qui restaient dans le vaisseau.
Noire était morte dans la salle de stockage, à moitié dévorée, ses yeux vides pointés vers le plafond. Marron, la dernière fois qu'il l'avait vu sur les écran, errait dans les couloirs sombres, en beuglant de terreur sans parvenir à retrouver son chemin.
Blanc l'imposteur avait abandonné la poursuite car blessé sérieusement par le couteau de Noire – qui, pour sa défense, s'était bien défendue – et s'était replié dans la salle de navigation où il faisait dieu savait quoi.
Orange demeurait invisible aux caméras.
C'était terriblement inquiétant. Il pouvait être mort sans que quiconque le sache.
Lui, il détestait ça. Orange était à lui, et à lui seul. Il n'appartenait pas aux humains, et encore moins à Blanc. Pas même à leur Mère.
Il était sien, uniquement sien.
Il ne laisserait pas l'esprit de Orange se perdre. Si jamais Blanc avait osé l'ingérer...
Le sas de la salle de surveillance s'ouvrit dans un chuintement qui retentit d'autant plus fort dans le silence pesant du vaisseau.
Il se retourna et trouva Orange en train de le dévisager, les yeux écarquillés dans la pénombre – les lumières refonctionnaient, mais par intermittences.
- LIME !
Orange retira son casque et se jeta dans ses bras. Lime lui rendit son étreinte avec force, son propre casque pendant dans son dos.
Soudain le vaisseau fit une embardée brutale, les plaquant tous deux contre le mur.
Des lumières rouges se mirent à clignoter tandis que la voix robotique annonçait « Entrée dans l'atmosphère de Polus à une vitesse trop élevée, risque de collision avec le sol ! Danger ! Danger ! »
Lime entoura fermement Orange entre ses tentacules. Ce dernier tremblait. Sa voix lui parvînt, étouffée contre le plastique de sa combinaison.
- On va tous mourir, c'est ça ?
Lime devinait aisément le plan de Blanc : les faire s'écraser sur Polus serait le meilleur moyen d'accomplir la mission, même si aucun d'eux n'y survivait.
Mieux valait exploser plutôt que de laisser les humains atteindre
le Nid.
- N'ai pas peur, grogna-t-il en se déboîtant la mâchoire pour élargir sa bouche, ses dents se changeant en crocs aiguisés comme des lames de rasoir.
Orange se mit à sangloter. Lime pouvait comprendre son angoisse, il n'avait nulle part où aller après la mort. Il n'avait aucun nid, aucune Mère qui l'attendait.
Il n'y avait qu'une solution à cela.
Qu'il fasse partie de lui. D'eux.
- Quoiqu'il arrive, je serais avec toi. Pour toujours.
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