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[Fic] M’enfin, on ne me dit jamais rien, Gaston Lagaffe, Spirou/Fantasio [Marie-Louise à LittleApple

Titre : M’enfin, on ne me dit jamais rien
Auteur : Marie-Louise (Participant.e 11)
Pour : LittleApple (Participant.e 9)
Fandom : Gaston Lagaffe
Persos/Couple : Gaston, Spirou/Fantasio (en arrière plan)
Rating : G
Disclaimer : Hormis l’histoire, rien n’est à moi.
Prompt : Gaston a eu une nouvelle idée de génie : s'il veut que Fantasio lui laisse plus de temps libre, il faut que son patron trouve quelqu'un. Après tout lorsqu'on est amoureux, on pense moins au boulot. Le seul hic et ce que Gaston ne sait pas, c'est que Fantasio a déjà quelqu’un... Bonus facultatif: des indices tout au long de l'histoire que Fantasio est en couple avec Spirou que Gaston ne voit pas alors qu'ils sont évidents (un suçon, des notes, Spirou qui apparaît désabraillé...)


Prunelle fronça les sourcils. Depuis le retour de Fantasio deux jours plus tôt, Gaston était… Étrange. Enfin, plus étrange qu’à son habitude. Ils avaient eu un échange à l’arrivée du journaliste et depuis, eh ben, Gaston oscillait entre le fait de travailler et une tétanie suspecte.
C’était bien une première. Selon son habitude, l’autre homme bricolait sur ses projets personnels, rêvassait et dormait. On ne pouvait rien tirer de lui, en dehors de catastrophes aussi dangereuses que douloureuses pour la rédaction. Ce n’était pas faute d’avoir essayé pendant des années. Fantasio avait fait de même, avant lui. Être le supérieur hiérarchique de Gaston n’était pas une mince affaire.
Avec le gros bouclage du surlendemain, il n’avait pas de temps à perdre. Ce n’était pas tous les jours que l’on faisait un numéro triple avec les noms les plus prestigieux du journal. C’était pour cela que Fantasio et Spirou étaient revenus passer la semaine complète avec eux. Cinq jours de travail intense, un jour de repos et surtout une journée entière pour faire la fête avec tous ceux qui avaient fait l’histoire du périodique.
Ce serait aussi l’occasion d’annoncer la grande nouvelle de Fantasio.

Prunelle suivit du regard le conciliabule entre Gaston et Jules-de-chez-Smith-en-face. Tous les deux marchaient nerveusement — cela était-il réellement possible ? — tout en observant les différentes jeunes femmes qui circulaient dans l’entrée.
Voilà qui était nouveau. En temps normal, mademoiselle Jeanne avait toute l’attention de Gaston. Pas qu’ils aient pu aller plus loin que se tenir la main pour ce qu’il en savait, mais il était d’une fidélité étrange.
Prunelle fronça les sourcils. Ah, ben voilà autre chose ! Gaston venait de prendre par le bras mademoiselle Sonia. Après avoir longtemps été l’assistante de Fantasio, elle travaillait maintenant avec lui. Elle n’avait rien contre Gaston, mais celui-ci compliquant la vie de Prunelle, il compliquait aussi par extension celle de mademoiselle Sonia et son approche était rarement une bonne nouvelle à ses yeux.

Sa curiosité piquée, il avait abandonné l’épreuve qu’il devait corriger, pour suivre de loin l’étrange couple. Autant dire que les voir entrer dans un estaminet plutôt chic et commander du café noir — sans aucune fioriture ni sortant d’une invention suspecte — était surprenant. Après le radiateur à café, on avait interdit à Gaston de s’approcher de la cafetière. C’était la mission de Lebrac, le plus proche de l’arme de guerre que pouvait être ce breuvage entre les mains de Lagaffe. Néanmoins, son assistante avait la gentillesse de lui servir une tasse quand il le demandait, malgré tout ce qu’il avait pu lui infliger. Les conséquences de l’amour, supposait-il. Pauvre monde…
Le fil de ses pensées venait de s’interrompre brusquement, en voyant arriver Fantasio. Avant qu’il ait eu le temps de lui dire quoi que ce soit, Gaston entraîna celui-ci jusqu’à la table, le faisant s’asseoir de force, avant de s’éclipser.
Voilà, autre chose ! Prunelle ne prit pas la peine de creuser plus la question. Gaston avait des lubies étranges et, lui, n’aurait jamais assez d’heures dans toute une vie pour s’en occuper.


Sauf que Gaston recommença le lendemain.

Cette fois-ci, ce fut le paquet de muffins apporté par Fantasio qui fut à l’origine de tout.
Médusé, il regarda passer un Gaston tenant avec une délicatesse qu’il ne connaissait pas le carton de pâtisserie, traverser tout le couloir, descendre l’escalier, avant de s’engouffrer derrière la banque d’accueil de mademoiselle Yvonne.
Se reprenant, il bondit de sa chaise, avant de dévaler les mêmes escaliers et dire à ce sinistre individu ce qu’il pensait de sa dernière idée. Vraiment, avec le bouclage, il n’avait pas que cela à faire et, si c’était posé à côté de la machine à café, c’était pour que tout le monde en profite et non qu’il se l’approprie en allant importuner leur réceptionniste ! Elle avait suffisamment de casse-pieds extérieurs à gérer, sans rajouter ceux de l’interne.
— C’est Fantasio qui les a apportés.
Ces quelques mots le stoppèrent net. Ah.
— Vous en voulez ? Il n’ose pas vous déranger pour vous le proposer.
Voilà, autre chose, pensa-t-il à nouveau.
— Il sait que vous êtes toujours tellement occupé, mademoiselle Yvonne, mais il vous admire beaucoup.
Prunelle plissa les yeux, observant ce cheval de Gaston. Il envisageait encore d’intervenir quand Boulier apparut dans le hall. Il n’approuvait pas les dépenses pour la fête et ne manquait jamais de lui rappeler avec force et détails. Il n’avait pas le temps pour cela, décida-t-il avant de battre en retraite.

Ayant bien d’autres choses à penser, il ne fit pas attention au restant de la journée, jusqu’à ce que Gaston débarque en pleine réunion, avec mademoiselle Suzanne, un ordinateur portable sous le bras. Pas plus l’un que l’autre n’y était convié. Si la première était consciencieuse, Gaston n’était du genre à venir en réunion, quel que soit le motif et Prunelle avait cessé de l’inviter.
S’il tenait à sa présence, alors il l’y traînait de force sur le moment. Il l’avait même attaché sur une chaise à roulettes une fois pour qu’il assiste à la réunion budget et entende les reproches que Boulier ne manquerait pas de faire à Prunelle pour les coûts de réparation après les dégâts des dernières inventions de Gaston. Il avait dû bâillonner ce dernier pour qu’il cesse de se plaindre. Les syndicats n’auraient certainement pas approuvé s’ils l’avaient appris. Encore que leur local avait explosé le mois d’avant, suite à des « essais » scientifiques de Gaston et qu’ils auraient peut-être fermé les yeux.
Bref.
Prunelle regarda Spirou, puis Fantasio pour savoir si c’était une de leurs idées, pour les trouver aussi surpris que lui.
— Mademoiselle Suzanne s’est proposée pour faire le compte-rendu, pour que tu sois bien reposé et détendu, Fantasio. Tu pourras la remercier en lui payant un verre, m’enfin. Moi, je vais aller voir Jules-de-chez-Smith-en-face.
Et avant que quiconque n’ait pu dire quoi que ce soit, Gaston était déjà reparti.
— LAGAFFE, ROGNTUDJ’ !
Prunelle passa la main sous les lunettes pour se frotter les yeux, plutôt que de partir dans une tirade que l’autre n’entendrait pas.
— Il va me tuer, soupira-t-il. Mademoiselle Suzanne, vous… Faites ce que vous voulez !
Spirou ne put s’empêcher de pouffer de rire. Ce n’était pas la première fois qu’il entendait un tel discours.
— Vous ne comprenez pas ce qu’il essaie de faire depuis votre retour, monsieur Fantasio ? Monsieur Prunelle ? demanda Suzanne. Pourtant c’est évident.
— Hormis saboter le numéro triple ? J’ai beau chercher, je ne vois pas. À moins que ça ne soit une tentative de putsch en me rendant fou avant celui-ci, et il est sur la bonne voie.
Après tout, il n’avait que cela à faire. L’hebdomadaire coulerait aussi bien s’il était en psychiatrie à cause de Gaston.
— Monsieur Gaston est persuadé que, la grande nouvelle de monsieur Fantasio, c’est qu’il revient au journal à temps plein.
— Pourquoi ? le coupa Fantasio. Qu’est-ce que je ferais là ? Ça fait tellement d’années que je ne suis plus que correspondant, que je ne saurais pas quoi faire.
Il devrait se mettre à la méditation. Cela faisait des mois que son médecin lui conseillait tout un tas d’activité pour faire baisser sa tension. Prunelle en était à un stade où les médicaments ne faisaient plus grand-chose.
— Je ne suis pas dans la tête de Gaston, mais, avec les filles, on a bien compris qu’il craignait que monsieur Fantasio ne soit là… et que lui ait moins de temps.
— Je ne vois toujours pas le lien. Ses plans machiavéliques ont l’air aussi limpides que ses inventions, ROGNTU… !
La relaxation. C’était bien, aussi, la relaxation !
— Oh ! s’exclama Spirou. Mademoiselle Suzanne, vous êtes un génie méconnu. On revient.
Prunelle se retrouva seul dans la salle de réunion, avant qu’il ait eu la possibilité d’ajouter quoi que ce soit.
Ils étaient tous devenus fous.

— M’ENFIN ! POURQUOI ON ME DIT RIEN À MOI ? s’écria Gaston dans le couloir.
Un cercle est un carré. Un carré est un cercle. Il pouvait parfaitement apprendre la relaxation sans aide. Ooooom…
— Tu savais que Fantasio avait pas besoin d’une copine, car il allait se marier avec Spirou ?
Non, il n’avait pas osé lui faire perdre tout ce temps pour…
— RRRROGNTUDJUUD’RRRRO…
—… Prunelle…
— GNTUDJUUD’RRRROGNTUDJUUD’RR…
—… Prunelle…
La voix de Schrijfboek semblait particulièrement lointaine, alors que ses mains s’ouvraient grandes en direction de Gaston.
— RROGNTUDJUUD’RRROGNTUDJUÛÛ !!
La rédaction, assemblée autour d’eux ne put avoir que deux mots aux lèvres :
— Prunelle, NON !

Fin.

Tags: auteur:marie-louise, fic, gaston lagaffe, pour:littleapple
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