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[Fic] Le jeu des ombres, Among Us, Bleu, Violette [de La septième épée, pour Lierick]

Titre : Le jeu des ombres
Auteur : La septième épée (Participant.e 8)
Pour : Lierick (Participant.e 3)
Fandom : Among Us
Persos/Couple : Bleu, Violette, le reste de l'équipage
Rating : T (soft R)
Disclaimer : Among Us est la propriété d'InnerSloth.
Prompt : L'équipage se retrouve sur la nouvelle carte (le dirigeable) et les 2 imposteurs l'emportent. Avec un focus sur l'angoisse non seulement d'être éliminé les uns après les autres mais aussi d'être dans un environnement trop alambiqué, avec des tâches pas intuitives au point que le dirigeable semble être un ennemi en plus des imposteurs.
Notes : J'espère que ça te plait, l'ambiance est moins travaillée que prévu mais ce prompt m'a bien inspirée. Il y a derrière la fic des thèmes sombres et un peu gore (relatifs aux meurtres perpétués sur l'équipage) mais rien de vraiment explicite ou graphique, ce qui explique le rating. J'ai préféré faire qqch de plus subtil et de développer les relations entre personnages plutôt que de partir dans du gore et glauque complètement gratuit. Ce n'est pas tout à fait mon meilleur travail d'ambiance mais l'histoire est complète et c'est ce que je souhaitais.


Le jeu des ombres




C’était la troisième fois en une heure que les plombs sautaient.

Noir avait pesté pendant cinq bonnes minutes sous son scaphandre et avait fini par décréter qu’il fallait tirer à la courte paille pour désigner quelqu’un chargé d’aller vérifier ce qui se tramait une bonne fois pour toutes dans le local électrique. A en deviner son expression furieuse derrière le verre opaque et la volée d’insultes qu’il marmonnait entre ses dents, il en avait assez de devoir interrompre le nettoyage de l’armurerie pour aller réparer « ces putains de lumières qui sautent tout le temps, qui est le technicien en charge de l’électricité, bordel de m… ?!?? » et cela se comprenait. Le reste de l’équipage s’était donc mis en cercle autour du bouton de la salle de réunion et avaient tiré au sort en utilisant une poignée de pailles en plastique chipées à la cafétaria.

Et Bleu n’avait jamais eu de chance aux jeux de hasard.

— J’suis botaniste, pas technicien, en plus ! protesta-t-il, mécontent, alors qu’il empruntait l’échelle qui descendait du hall principal pour s’enterrer dans les boyaux du local électrique. Il avait eu l’occasion de traverser la pièce à la va-vite lors d’une alerte du réacteur mais c’était autre chose d’y être plongé jusqu’aux entrailles, dans le noir, avec rien de plus qu’une minuscule lampe frontale pour se repérer. Là, au cœur même de la machine, Bleu se sentait presque pris au piège, comme avalé par une bête de métal et de gaz.

L’équipier se mordit les lèvres et commença à chercher à tâtons dans l’obscurité.

Bleu haïssait sa nouvelle affectation avec la plus grande des passions. Il avait détesté le dirigeable dès qu’il avait posé le pied sur le sol vrombissant de la machine. Lui qui avait toujours été habitué à la terre ferme et au ciel froid de la station de Pollus, le voilà qui se faisait balader en pleine stratosphère dans une machine dont même le hall d’accueil parvenait à ne faire aucun sens. Qui avait eu l’idée d’y fourrer un diamant de la taille de quinze hommes, juste à côté d’une armurerie remplie d’armes perchées sur des crochets plus branlants les uns que les autres ? C’était au mieux de très mauvais goût, au pire la recette parfaite d’un désastre. Même les caméras de surveillance étaient orientées dans des angles étranges et laissaient

Et puis…

Et puis, il y avait cette désagréable sensation d’être observé en permanence. Comme si un souffle putride et menaçant pesait sur sa nuque.

Bleu secoua la tête alors que sa main cherchait à l’aveuglette les panneaux qui lui barraient l’accès au squelette électrique du monstre de métal. Il s’imaginait sans doute des choses. Ce n’était que quelques ratés électriques et des alarmes stridentes qui résonnaient dans les longs couloirs vides et tordus du dirigeable. C’était frustrant, certes, mais pas cataclysmique. Il n’y avait vraiment pas de quoi s’alarmer.

Pas vrai ?

Son pied buta contre quelque chose de rigide. Bleu trébucha et s’étala de tout son long sur le sol métallique, pestant à haute voix contre l’imbécile qui avait laissé traîner un panneau de maintenance en plein milieu des passages déjà assez étroits du local électrique. Il posa sa main sur l’objet encombrant et la retira bien vite en poussant un autre cri, de terreur cette fois.

L’objet sur lequel il venait de s’étaler n’était décidément pas un panneau de maintenance électrique.

*

Voici ce qu’il y avait globalement à savoir sur Bleu :

Il était gentil, un peu trop timide au goût des autres, ce qui lui valait parfois des railleries et des piques peu agréables. Il préférait la compagnie de ses plantes aux gens et parlait à ces dernières. Lorsqu’il s’endormait, il veillait à garder une petite lumière allumée parce qu’il n’était pas à l’aise dans le noir complet. Cela avait presque provoqué un drame lorsque Violette avait décidé, pour rire, de cacher la veilleuse ; les rires s’étaient transformés en grimaces lorsque Bleu avait commencer à s’époumonner de terreur, bégayant à propos d’ombres se mouvant sur les murs et de mains cherchant à lui arracher la peau. Depuis, le reste de l’équipage s’était calmé sur les mauvaises blagues et s’était accordé pour le laisser globalement tranquille. Après tout, il était juste un peu dans la lune – pas de quoi en faire une tête de Turc.

Voici ce que Bleu n’avait jamais osé dire à ses collègues lorsqu’il s’était présenté lors de sa réaffectation sur le dirigeable :

Le Haut commandement ne l’avait pas changé de réaffectation pour le plaisir ou parce que les patrons pensaient qu’il ferait un meilleur travail dans une boîte en métal volante que sur la terre ferme de la station de Pollus, où il réglait tous les jours les écrans de température et où il passait son temps à faire des aller-retours de la salle des spécimens au laboratoire, à télécharger des données et à trier des échantillons.

Ils l’avaient envoyé là-bas pour acheter son silence.

*

— Comment ça, « des imposteurs » ? se récria Noir, qui semblait sur le point de faire une crise d’apoplexie.

Il était retenu par Orange et Lime qui déployaient des trésors de patience pour l’apaiser tandis que Blanche se chargeait de calmer la respiration haletante de Bleu. Ce dernier fixait le sang qui avait taché son scaphandre lorsqu’il avait trébuché sur les restes de Rose, cachée au fin fond du local électrique. L’image de sa tête arrachée flottait devant ses yeux comme si elle était gravée sur sa rétine – comme si le seul moyen d’oublier cette vision d’horreur était de se gratter les yeux jusqu’à ce qu’ils saignent, jusqu’à ce que les contours du monde disparaissent dans une obscurité bienfaitrice.

Un nouveau cri de Noir le sortit de sa contemplation morbide et son champ de vision disparut pour laisser place au scaphandre de son collègue, qui se trouvait maintenant nez-à-nez avec lui.

— Arrête de rester dans ton monde, bordel, parle !!

— Ils sont venus sur Pollus, un jour, récita Bleu d’une voix machinale, comme s’il était de retour devant les interrogateurs du Haut Commandement ou devant les psychologues du centre médical. Ils avaient la même tête que nous, je veux dire, ils nous ressemblaient, ils se sont fondus à l’équipage comme si de rien n’était et… et les meurtres ont commencé. Au départ, on pensait que c’étaient des accidents, un court-circuit, quelqu’un qui glisse mais ça s’enchaînait trop vite et c’était trop… trop hasardeux, vous voyez ? On a fini par comprendre que quelqu’un s’amusait à tuer les autres équipiers pendant qu’on avait le dos tourné.

— Tu as parlé d’imposteurs au pluriel, fit remarquer Blanche qui avait déballé son tensiomètre et prenait ses paramètres vitaux, par précaution.

— Ils étaient deux, marmonna Bleu. Et ils nous ressemblaient – enfin, je veux dire, ils avaient l’air… normaux. Mais les blessures qu’on a retrouvées sur les cadavres… ça ne ressemblaient pas à l’œuvre d’un humain… On aurait dit qu’une bête sauvage avait déchiqueté les autres victimes.

Comme pour Rose…

Le sous-entendu arracha un frisson collectif au groupe.

— Et je suppose que tu es le dernier survivant de cette soi-disant boucherie ? C’est pratique, ça, chiquenauda Lime, les bras croisés.

— Qui nous dit qu’il n’est pas lui-même un de ces imposteurs dont il parle ? accusa Marron qui semblait se décider entre croire l’histoire de Bleu ou le balader la tête la première depuis le balcon.

— Ça n’a aucun sens, contre-argumenta Violette qui semblait davantage croire à son histoire que les autres. Pourquoi tuer Rose et nous avertir de son méfait ensuite ? Quel intérêt à découvrir un corps qui n’aurait même pas été retrouvé avant des jours ? C’est un vrai labyrinthe de mort, ce local électrique.

— Pour endormir notre méfiance, justement ! renchérit Rouge. Comme ça il peut décider de tous nous assassiner dans notre sommeil sans qu’on ne se doute de rien ! Je vote pour qu’on l’exclue du vaisseau comme ça, la vie pourra reprendre son cours !

Personne ne semblait convaincu par les paroles véhémentes de Rouge, toutefois. L’argument de Violette se tenait : personne n’ignorait la complexité architecturale du local électrique et sans les coupures de courant incessantes, le corps de Rose aurait certainement continué de pourrir au milieu des câbles et du labyrinthe de panneaux électriques. Si Bleu était réellement le coupable, quel intérêt ?

Ce dernier était trop sonné pour se défendre. Il avait l’impression de replonger dans l’enfer des derniers mois, à traquer le moindre mouvement dans les couloirs de la station de Pollus, à suspecter le moindre camarade qui se montrait un peu trop amical ou un peu trop innocente, à guetter les bruits suspects dans les conduits de ventilation – attendant, espérant peut-être qu’un imposteur ait pitié de lui et acheva son calvaire.

Ça recommence, ça recommence, ça recommence…

Autour de lui, les camarades se dispersaient en accusations et sautes d’humeur. Bleu supposait qu’ils devaient spéculer sur la marche à suivre – Ne serait-on pas plus tranquilles en le balançant du pont ? ‘Façon, je n’ai jamais eu confiance en lui, Je l’ai toujours trouvé bizarre à parler à ses plantes » – lorsque Vert fit irruption dans la salle de réunion, à bout de souffle.

— Cyan est mort ! s’époumona ce dernier, visiblement en proie à la panique. J’ai retrouvé le corps de Cyan devant le vide-ordures !

Tous les regards s’abattirent sur Bleu comme un couperet.

*

Après cela, l’équipage avait commencé à éviter Bleu comme la peste. Seule Violette et Blanche semblaient vaguement convaincues de son innocence mais ces dernières ne semblaient pas vraiment disposées à l’inclure davantage dans le reste du groupe. Noir avait instauré des réunions quotidiennes pour que chacun puisse rendre compte sur sa journée, après le double meurtre de Cyan et Rose, et ces interrogatoires déguisés en tour de table commençait à peser sur le moral de tous.

— Moi, je dis qu’on devrait faire quelque chose ! vociféra Rouge en tapant du poing sur le bouton de la table ronde. On est ici pour travailler, pas pour se faire découper les uns après les autres alors que tout le monde sait qui est l’imposteur et qu’il se balade impunément parmi nous.

— Tu te trompes sur Bleu, il était avec nous quand on l’interrogeait sur la mort de Rose, contra Violette en croisant les bras. Il n’a pas pu tuer Cyan, à moins d’être à deux endroits à la fois.

— Est-ce que les imposteurs peuvent se téléporter ? demanda Jaune, un peu curieux.

— Quand bien même, ils ne pourraient pas, je maintiens que Bleu est coupable ! Il aurait pu s’agir d’un deuxième imposteur et Bleu essaie de nous endormir pour pouvoir mieux nous tuer par la suite !

— Tu forces, Rouge, arrête, concéda Noir qui semblait fatigué par les discussions incessantes. Tout le monde évite Bleu comme la peste dans les couloirs et ça fait deux jours qu’il n’y a pas eu de morts ; s’il était si dangereux, je crois qu’il aurait tué plus de monde que ça.

— C’est une ruse, je te dis !

— D’ailleurs, il manque du monde, là, non ? demanda Vert qui promenait son regard autour de lui. Orange n’est pas rentrée de sa ronde dans le cockpit et Blanche était toujours aux capteurs vitaux la dernière fois que je l’ai vue.

Rouge cessa de crier et se tourna lentement vers Vert.

Bleu sentit un étau se refermer sur son cœur.

*

— Je suis innocent ! s’époumona Vert alors que Noir et Rouge le traînaient de force vers le balcon. Vous faites erreur !

— Ca fait deux fois que tu laisses un cadavre derrière toi, Imposteur, siffla Noir d’une voix rauque. D’abord tu tombes « mystérieusement » sur Cyan pendant que tout le monde est en salle de réunion et ensuite, « comme par hasard », tu laisses Blanche à l’infirmerie et on la retrouve morte !

— Mais ce n’est pas moi ! C’est Bleu qui vous embrouille avec ses histoires d’imposteurs !

— Tout à coup, tu accuses Bleu ? rétorqua Violette en sifflant. Alors qu’il était avec nous pendant le double meurtre ? S’il vous fallait une preuve de plus qu’il est innocent, la voici ! Il ne peut pas avoir tué et Blanche et Orange alors qu’il était en réunion avec nous pendant tout ce temps.

Bleu garda le silence, les yeux rivés sur le vide. Sous lui, des milliers de kilomètres le séparaient de la surface aride de la planète : une longue chute avant la mort, brutale, indolore, inexorable. Il ne souhaitait cela à personne, même pas aux imposteurs.

— Je suis innocent, je le jure ! continua l’accusé. Derrière son scaphandre, on pouvait deviner les larmes qui coulaient sur son visage (les imposteurs avaient-ils un visage ? un vrai visage, derrière la peau humaine qui leur servait de masque ?) et Bleu détourna le regard brutalement, soudain incapable de regarder. Violette posa une main sur son bras, cherchant du réconfort – et Bleu se souvint qu’elle était proche de Blanche, elle aussi.

Ça recommence, ça recommence, ça recommence.

— Va crever, Bleu ! hurla soudain Vert, animé par l’énergie du désespoir. Allez crever, tous autant que vous êtes ! J’espère que vous brûlerez jusqu’à la fin des… AAAAAAAAH !

Son dernier cri poursuivit Bleu jusque dans ses cauchemars.

*

Contrairement à ce que l’on aurait pu penser, la mort de Vert n’avait rien arrangé. Le cadavre de Jaune avait été retrouvé coincé derrière un véhicule du hangar, écrasé contre un mur et la tension devenait de plus en plus palpable au fur et à mesure que Rouge perdait son calme. Il se remettait à suivre Bleu, à le suspecter de faire le moindre geste – même le plus anodin, comme préparer un sandwich – était matière à débattre pendant des heures. Bleu craignait que Noir ne finisse par craquer et par le balancer dans le vide rien que pour ne plus entendre les théories du complot que Rouge proférait à chaque réunion.

Heureusement, il avait Violette. Au milieu de la tourmente, il s’était trouvé une amie et cela lui changeait.

— Je ne comprends pas quel est son problème, soupira-t-elle alors que Rouge venait à nouveau de passer dans la salle des caméras pour vérifier ce que les deux compères faisaient. On ne fait rien de mal, on surveille juste comme Noir nous l’a demandé.

— Il pense toujours que je suis coupable, marmonna Bleu en haussant les épaules. La dernière fois, il a éparpillé le linge que je venais de ranger pour chercher si j’y avais caché une arme. Et il m’interdit l’accès à l’armurerie.

— Pas qu’à toi. L’autre jour, je devais dépoussiérer des armes et il m’a barré la porte comme un chien de garde. Il est devenu parano mais depuis la mort de Jaune, il a vraiment pété une durite je pense.

La réunion qui avait suivi la mort de Jaune s’était avéré extrêmement déplaisante et Noir avait fini par balancer Marron du haut depuis le haut du dirigeable. Les meurtres avaient cessé depuis et la tension commençait enfin à se relâcher – les deux imposteurs avaient probablement été démasqués et neutralisés. En l’absence de tâches à faire, Violette et Bleu se retrouvaient aux caméras la plupart du temps, essayant de capter des mouvements suspects.

Mais rien ne semblait bouger. Tout était calme. Sans vagues.

Inquiétant, parfois.

Le bruit d’une alarme du réacteur les surprit au milieu d’une collation. Violette fronça les sourcils et se tourna vers Bleu, inquiète.

— Reste ici, je vais m’en charger. Au moins, Rouge ne pourra pas t’accuser de quoi que ce soit si tu restes sur les caméras.

— On devrait y aller ensemble, non ?

— Non, tu es trop suspect. Reste ici. Je n’en ai pas pour longtemps.

Son amie partie, Bleu laissa les secondes s’égrainer, rythmées par le vrombissement des moteurs et le cri des sirènes. L’alarme s’éteignit au bout de quelques minutes mais Violette ne revenait toujours pas – cela commença à l’inquiéter. Le jeune équipier laissa passer quelques minutes avant de se munir de son courage et de partir à la recherche de la jeune femme. Il espérait que Rouge ne l’avait pas acculée dans un coin pour lui demander des comptes.

Il n’y avait personne dans le hall. Personne non plus près du local électrique. Bleu prit une profonde inspiration et entra dans le hangar par la porte du dessus, traversant une bibliothèque vide…

Pour voir Lime penché sur le cadavre de Rouge, nettoyant tranquillement les griffes qui sortaient de ses gants.

Bleu se figea sur place, un cri coincé dans la gorge. Lime était le dernier imposteur ?! Lime, le cuistot qui avait toujours fait attention de laisser pour Bleu les plats sans lactose ? Lime qui avait cessé de le soupçonner dès que Blanche avait été tuée et avait passé sa vie enfermé dans les cuisines du dirigeable, à échanger des banalités avec Violette en préparant d’avance tous les repas ?

Lime ?!?

Bleu fit demi-tour et fonça le plus vite qu’il put dans la salle de réunion. Il avait la ferme intention d’appuyer sur le bouton et de révéler sa découverte à Noir et à Violette – et enfin, enfin il serait libre, débarrassé de ce fardeau…

Violette qui se trouvait penchée sur ladite table, l’air songeuse, un long thermos de soupe à la main.

— Violette !! Violette ! cria le camarade, partagé entre la terreur et l’élation. J’ai vu Lime dans le hangar sur le cadavre de Rouge ! Il a tué Rouge, c’est lui l’imposteur ! Il faut prévenir Noir et l’éjecter tout de suite !

— Tu es sûr de toi ? répondit Violette d’une voix tendue. Sa main se serra sur son thermos mais elle ne tremblait pas.

— Certain ! Vas-y, appuie sur le bouton, je n’ai plus les droits pour le faire ! (Rouge lui avait retiré la clé quelques jours plus tôt).

Bleu était au bord des larmes, persuadé que son cauchemar touchait à sa fin. Il suffisait d’un appel et tout serait fini – enfin, enfin, enfin… et… pourquoi Violette n’appuyait pas, bon sang ?

— Noir est mort, répondit Violette sur un ton calme, alors qu’elle détachait la capsule de son thermos. J’ai vu son cadavre dans le studio de photographie.

— … Quoi ? Comment ça… tu l’as vu mais…

— C’est dommage que tu pris Lime la main dans le sac, je dois dire. J’aurais aimé jouer avec toi plus longtemps… Mais ça n’aurait pas vraiment été possible.

Quoi ?!

Avant qu’il puisse répondre, Bleu se retrouva aspergé par le contenu du thermos de Violette. Le liquide était âcre et poisseux, avec une forte odeur de soufre, on aurait dit… de l’essence ??

— Violette ?

La voix de Bleu semblait ailleurs. Éteinte.

Comme s’il était déjà mort.

— Désolée encore, Bleu, fit Violette en craquant une allumette. J’ai fait une promesse à Blanche avant de lui ouvrir le crâne en deux.

*

— Dommage, souffla Violette alors qu’elle rangeait les restes calcinés de son ancien camarade. Je l’aimais bien, Bleu, il était très drôle.

— Ça suffit de jouer avec la nourriture, Vi’, grinça Lime en programmant le dirigeable vers sa future destination. On a failli frôler la catastrophe en le laissant survivre à Pollus ; le Haut Commandement sait déjà bien trop de choses sur nous à cause de cet imbécile.

— Qui est l’imbécile, Li’ ?! rétorqua l’imposteur, acide. Lui ou ceux qui se sont fait pousser dans la lave de Pollus ?

— Eh bien, quelqu’un est de mauvaise humeur, railla Lime. Déçue d’avoir dû tuer ton jouet préféré ? Tu voulais en faire ton quatre-heures ou quoi ?

Violette grogna. Parfois, elle se demandait ce qui l’empêchait de ne pas balancer son abruti de collègue du haut de la rambarde. Au moins, Bleu avait eu le mérite de la distraire au milieu des crises de paranoïa des autres équipiers. Enfin un humain drôle, mignon…

Et plutôt délicieux, quoi qu’on en dise.

— Tais-toi et conduis, conclut Violette. Avec un peu de chance, on sera arrivés à Mira HQ pendant la nuit.

Tags: among us, auteur:la septième épée, fic, pour:lierick
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